‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 7 sur 150 · Préface èiAthalie · texte numérisé non relu

Préface èiAthalie

" facilement; ils ont des joies immodérées et des afflic- " tions amères sur de très petits sujets; ils ne veulent • point souffrir de mal, et ils aiment à en faire : ils sont •• déjà des hommes ('), " Et la suite.

Le bon La Fontaine lui-même est bien peu flatteur, à l'endroit de l'enfance, qu'il appelle " un âge sans " pitié "; et du pauvre petit écolier, " doublement sot ■' et doublement fripon. " — Le plus poétique (et le plus vrai) caractère classique de l'enfant est encore celui d'Horace; que de choses en trois vers :

'• Reddere qui voces jam scit puer, et pede certo

■ Signât iiumutn, gestit paribus colludere, et irain

■ Colligit ac ponit teinere, et mutât ur i7i horas. "

Ce que V'auquelin rend mot pour mot :

" L'enfançon qui, petit, assied ferme ses plantes

'• Déjà dessus la terre et qui sait bien parler,

" Avecîjue ses pareils aux ébats veut aller :

'■ Soudain il pleure, il rit, il s'apaise, il chagrine,

•■ D'heure en heure changeant de façon et de mine (''). "

Et Régnier, en sa langue plus nerveuse :

"'■ L'enfant qui sait déjà demander et répondre,

■• Qui marque assurément la terre de ses pas,

" Avecque ses pareils se plaît en ses ébats ;

'• Il fuit, il vient, il parle, il pleure, il saute d'aise ;

'• Sans raison, d'heure en heure, il s'émeut et s'apaise. "

La Mesnardière avait été plus avisé que Boileau, en signalant aux gens de théâtre les principaux traits de l'enfance. La Mesnardière croyait que l'on peut induire en scène un enfant " sur la prudence duquel l'aven- " ture est fondée. — - Que cet enfant, dit-il, paraisse ■' non pas certes un Caton, puisqu'à bien juger des " choses, cet excès de sévérité serait tout à fait ridi- " cule; mais comme un esprit avancé qui ait autant de

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