‹ L'Art poétique de Boileau, commenté (volume 2)Chapitre 78 sur 150 · I. V. 92. — 2. Défe7ise^ etc., p · texte numérisé non relu

I. V. 92. — 2. Défe7ise^ etc., p

3. Lorsque Corneille voulut répondre aux critiques sévères du prince de Conti, il s'autorisa de l'exemple de Port-Royal, pour défendre le théâtre. Le Maistre de Sacy venait de traduire la moitié des pièces de Térence ; ses confrères en Jansénius, comme Nicole, et autres, étaient mal venus à traiter le théâtre d'empoisonnement public. C'était l'argument de Corneille. C'était aussi l'argument de Racine contre Nicole : " Vous autres, qui avez succédé aux Pères de l'Église, de quoi vous " êtes-vous avisés de mettre en français les Comédies de Térence ?... " [' allait-il interrompre vos saintes occupations, pour devenir des tra- " ducteurs de Comédies 1 " (Lettre à Vmiteur des hér/s. iînagm., etc. cf. J. Levnllois, op. cit., p. 324-330.)

mœurs. Je cite cette page : " On dit qu'un grand " seigneur aimait si fort ce divertissement, qu'il vou- " lait faire établir un professeur pour la poésie du " Théâtre, comme il y en a pour l'Eloquence et pour " les Mathématiques; qu'il entendait que celui-ci in- " struisit les poètes qui voudraient faire des Comédies " ou des Tragédies, afin qicils liy missent rien qui ne '' fût conveuaôle. Il souhaitait aussi qu'on dressât une " Académie de jeunes gens, bien choisis, pour les " représentations, afin que les comédiens ne fussent " plus des hommes que la débauche ou la pauvreté " aurait jetés à cette profession, et dont la vie eût " quelque chose de répréhensible; mais qu'étant sages " et bien instruits, il n'y eût rien en eux que de louable, " et que cela parût extrêmement en leur action modeste " et leur prononciation bienséante (').

Beau rêve!

" Aimez donc la vertu ; nourrissez-en votre âme. " En vain l'esprit est plein d'une noble vigueur, " I e vers se sent toujours des bassesses du cœur.

Un critique bien informé (') estime ce dernier vers " le plus beau peut-être qui soit sorti de la plume de " Boileau. " C'est à coup sûr l'un des plus profonds.

L'acteur et auteur Brécourt avait retenu le dernier distique. Il s'avisa même de le servir un jour à Despréaux; mais il en fut mal payé, raconte Brossette : " Brécourt se mêlait de composer pour le théâtre. En " lisant une de ses pièces à M. Despréaux, il lui disait " que les ouvrages expriment toujours le caractère de " l'auteur, et qu'il faut être essentiellement honnête

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