Grands Ecrivains, t. I, p. LVIII, texte et note
2. Boursault dit expressément que la Montespan fit re'voquer l'acte de suppression qui venait d'être dressé.
" conteste pas qu'ils n'aient été portés par M. de La " Chapelle, parent de M. Boileau ('). "
Donc, suivant le P. Tournemine, ce serait le P, de La Chaise, confesseur de Louis XIV, qui aurait obtenu les 200 louis. Cette affirmation a pour elle toutes les vraisemblances. Le récit de Boursault, sur lequel les contradicteurs se fondent, réfute manifestement les contradicteurs. Nous Talions prouver prochainement.
Le P. Tournemine, confrère du P. de La Chaise, a puisé ses renseignements à de bonnes sources ; peutêtre même les tient-il directement du confesseur du Roi. Que le P. de La Chaise ait été mêlé à cette affaire et qu'il ait plaidé en faveur du poète mourant, il n'y a en cela rien que de très croyable; le nom du P, de La Chaise figure plus d'une fois sur les placets de Corneille. Une requête adressée au Roi par le vieux poète a pour finale cette pointe normande et quasi familière :
" Cependant s'il est vrai que mon service plaise,
" Sire, un bon mot, de grâce, au Père de La Chaise (^). "
Le Roi dit-il ce boit mot? Selon le P. Tournemine, le P. de La Chaise aurait du moins dit son bon 7not au Roi, deux jours avant la mort de Corneille.
Quoi qu'il en soit, il reste impossible d'attribuer ce succès à Boileau, si l'on s'en tient aux témoignages de Brossette, de Louis Racine, de d'Alembert, de Taschereau et de quiconque s'appuie sur les Lettres de Boursault. Ces Lettres sont l'unique preuve de ces auteurs; mais :
1° Boursault ne fait aucune mention des 200 louis;
\. Jo-triial de Trévoux, m?L\ 1717- — Cf. Édit. Saint-Marc, t. II. (p. 382-