I. De la connaiss. des bons Liv.^ p. yj
" d'un Prélat, et ravis de se prélasser comme leur " maître, ont tellement peur de mourir de gras fondu, " qu'ils aiment mieux renoncer à la gloire d'aller vite " qu'au plaisir de ne se pas fatiguer ('). "
J'avoue que la misère a fait écrire bien des vers misérables, à l'époque de Boileau et en plusieurs autres siècles. Mais une noble indigence n'a jamais nui à la vraie poésie. Horace ne demandait au Destin et à Mécène que Xaurea^nediocritas. D'autre part, l'avarice n'est point généralement le vice des gens de lettres, sauf peut-être depuis Voltaire.
Enfin au xvii^ siècle, on établissait une distinction très marquée entre un auteur peu fourni d'écus et un auteur dénué de génie : " J'ai ouï dire que Furetière " et La Fontaine, allant un jour... rendre visite à " Patru, le virent venir à eux avec Chapelain. — Voici, " dit Furetière, un auteur pauvre et un pauvre
" auteur ('), "
" Ne vous flétrissez point par un vice si bas.
, Boileau traite de haut les pauvres auteurs et les I auteurspauvres. Sa pension et ses rentes lui épargnèrent le sort de CoUetet et les angoisses de Corneille. Il laissa par testament plus de 80,000 livres à ses héritiers, sans compter les " biens en meubles et immeubles ", par lui légués aux " pauvres honteux des six petites " paroisses de la cité (3). " Boileau fit bon usage de ses rentes ; mais il eut des rentes. Au reste, ses conseils , partent d'un bon naturel. Ils sont même aussi sincères,