‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 110 sur 255 · La déf. des Beaux-Esprits, p · texte numérisé non relu

La déf. des Beaux-Esprits, p

toutefois que Despréaux ait un peu trop autorisé par son exemple les rimes sîiffisantes (').

Mais les fautes et les rébellions de la rime deviennent plus graves chez Boileau, quand une consonance fortuite cloue des noms propres à la fin d'un vers, comme à un pilori. Boileau lui-même s'en est aperçu,' s'en est parfois repenti, et s'est cru obligé de remplacer des noms par d'autres noms d'infortunés. — Le Bolaeana fait, à ce propos, un aveu précieux : " C'est la " fatale nécessité de la rime, qui a attiré à l'abbé Cotin " tous les brocards répandus contre lui dans les satires " de M. Despréaux. Ce poète récitait à Furetière la " satire du Repas, et se trouvait arrêté par un hémis- " tiche qui lui manquait :

" Si l'on n'est plus au large assis dans un festin " Qu'aux sermons de Cassagne

" — Vous voilà bien embarrassé, lui dit Furetière ; " et que ne placez-vous là l'abbé Cotin ? " Il ne fallut pas le dire deux fois (^). " C'est deux fois regrettable.

Malgré les récriminations de Pradon, de Carel et de Desmarets, ces dix vers sur la rime comptent parmi les meilleurs de X Art Poétique. Boileau y parle d'expérience. La recherche d'une rime " esclave " et amie de la raison a toujours été, dit-il, sa préoccupation. Il l'avoue en maint endroit, du premier jour ou il essaya d'escalader le Double- Mont, jusqu'aux années où il en descendait péniblement les pentes :

" Quand mon esprit, poussé d'un courroux légitime, " Vint devant la Raison plaider contre la Rime... (3)"

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