V. La Harpe, Cours de litt. 2^ éd., t. VI. — Boileau
PROLEGOMENES. 17
La Harpe, champion de Boileau, releva le gant : " L'anonyme... (Cubières), nous permettra, (car je ne " suis pas le seul à demander cette permission)... de " voir dans Y Art Poétique, où il n'y a que 60 vers " imités d'Horace ('), autre chose qu'une imitation " ingénieuse ; de compter pour rien la Fresnaye-Vau- " quelin , dont la Poétique souverainement plate " n'est le plus souvent qu'une languissante paraphrase " d'Horace, et n'a rien fourni à Boileau qui vaille la " peine d'être cité ; de mettre à l'écart les Satires " latines de Saint-Geniez, qui n'ont rien de commun " avec \ Art Poétique.
La Harpe, si on l'entend bien, ne nie point certains emprunts que Boileau aurait faits à Vauquelin ; mais il veut que ces emprunts se soient bornés à peu de chose. La vérité est là, ou tout près de là (^). Il est certain que certains hémistiches de Boileau, — environ une douzaine — ont des airs de proche parenté avec ceux de Vauquelin. Mais y a-t-il plagiat ? Le mot est trop fort. L'imitation de Boileau se réduit, si elle existe, à quelques réminiscences.
Mais d'abord existe-t-elle ? Je suis fort enclin à le croire. L'auteur des Foresteries ne fut point un inconnu pour les esprits cultivés du xvii^ siècle. Colletet invoquait son témoignage, dans les recherches qu'il fit sur X Art Poétique {f). Segrais avait lu cet " Art poétique " de Vauquelin, pour la Poésie française, à l'imitation " d'Horace. " Segrais juge ainsi ce confrère et compatriote : " Ses vers sont du style de son temps ; mais