V. Goujet, t. XVIII, p
3. Cyrano a écrit en prose ses aventures burlesques et " comiques '' ; il est burlesque surtout par les inventions.
4. V. Œuv. de Cyrano. Lettre conir: Soiicidas. — et V. Fournel, Lilt. indcp., p. 72.
" affamé ; son nez semblait le reposoir et le paradis " des chiquenaudes ; et l'on avait semé sur ses épaules " tant de coups de bâton, que, s'ils y avaient pris '■ racine, elles eussent porté un grand bois de futaie. "■ Le portrait de Soucidas (d'Assoucy) par Cyrano, dit tout cela, mais pas si bien : M. Fournel a cueilli la fleur du sujet. Personne, du reste, n'est tenu de prendre cette esquisse physique et morale pour une image ressemblante. Cyrano amplifie et s'amuse.
On jugera peut-être plus exactement de la force intellectuelle et poétique du sieur d'Assoucy par un morceau extrait de \ Ovide en belle kmneur ; cesi\?i. description de l'âge d'or :
" Heureux temps ! heureuse saison !
'* Où n'était médecin, ni mule,
" Juge, prison, ni bassecule;
" Meurtre, ni vols, ni feux, ni fers,
*' Grippeminauds ni gris, ni verts ;
" Ni gond, ni clou, ni clef, ni coffre, ■
" Ni magistrat, ni lifrelofre ;
" Vente ni troc, combat ni choc,
" Cape ni froc, griffe ni croc ('). "
D'Assoucy aime cette façon baroque de rimer et de rire. Il écrit au Duc de Savoie :
Vous ne craignez " ni Pô, ni Rhône,
" Ni croc, ni mur, ni lac, ni roc,
" Ni pic, ni truc, ni tac, ni choc (^). "
Et ailleurs parlant du monstre horrible qui s'appelle : Ouï-dire :
" Il n'épargne ni roi, ni roc,
" Toque, bonnet, cape, ni froc (3). "