‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 151 sur 255 · I. op. cit., p. 230. — 2. A play written by M. Duffet · texte numérisé non relu

I. op. cit., p. 230. — 2. A play written by M. Duffet

Voici de quelle manière il s'en plaignit dans un ouvrage où il a écrit ses aventures (') : " Ah ! cher lecteur, si tu savais comme ce tout trouva me tient au cœur, tu plaindrais ma destinée ; j'en suis inconsolable, et je ne puis revenir de ma pâmoison, principalement quand je pense, qu'au préjudice de mes titres, dans ce vers qui me tient lieu d'un arrêt de la Cour de Parlement, je me vois déchu de tous mes honneurs ; et que ce Charles d' Assoucy, d'empereur du Burlesque qu'il était, premier de ce nom, n'est aujourd'hui, si on le veut croire (Boileau), que le dernier reptile du Parnasse et le marmiton des muses. Que faire, lecteur, en cette extrémité ? Après l'excommunication qu'il a jetée sur ce pauvre Burlesque si disgracié, qui daignera le lire, ni seulement le regarder dans le monde, sous peine de sa malédiction ? "

" D'Assoucy trouve néanmoins sa consolation dans la réflexion suivante : " Voilà, cher lecteur, ce que l'on gagne à faire de bons vers burlesques... Mais quoi, il n'est pas nouveau de voir des esprits jaloux pester contre les choses excellentes, et blâmer ce qui surpasse leur capacité.

" D'Assoucy était fils d'un avocat au Parlement ; il naquit à Paris, en 1604, et mourut âgé d'environ 75 ans, après avoir eu des aventures très bizarres, qu'il a publiées lui-même d'un style presque bouffon (^)."

1, Aventures d'Italie.

2. II les commence par cette préface : " Je suis le héros véritable de " mon Roman, qui, après avoir longtemps vogué contre vent et marée " sur une mer orageuse, ai finalement attrapé un heureux port. Celui qui " m'a conduit en ce port est un Dieu ; celui qui m'y a accueilli est un roi " et le génie qui m'y conserve est un ange. Bien des méchants en crèvent *' de rage, saint Hubert les guérisse ; et bien des sots en sont au déses- " poir, Dieu les console, etc. " (Éd. Colombey, p. 9.)

Dans ses Aventures, d'Assoucy narre, entre mille autres choses, comment à neuf ans, il fut pris pour un magicien à Calais ('), comment un filou dans le coche d'Auxerre le dépouilla de ses effets et hardes, comment lui-même d'Assoucy passa pour filou, comment il fut mis en prison à Montpellier, puis se sauva en terre papale dans Avignon. C'est là que Chapelle et Bachaumont le rencontrèrent pendant leur {2jv(\ç.wk voyage ; o\\ leur avait parlé du pauvre homme sur leur route ; on leur avait dit qu'il sentait le fagot. — "Le soir que nous " prenions le frais sur les bords du Rhône, par un beau " clair de lune, nous rencontrâmes un homme qui se " promenait, qui nous sembla avoir l'air du sieur " d'Assoucy ; son manteau qu'il portait sur le nez " empêchait qu'on ne le pût bien voir au visage. Dans " cette incertitude, nous prîmes la liberté de l'accoster " et de lui demander :

" Est-ce vous, Monsieur D'Assoucy?

— " Oui, c'est moi. Messieurs, me voici. "

A quoi le pauvre homme ajouta :

** Vous me voyez sur le pavé

'* En désordre, malpropre et sale ;

" Aussi je me suis esquivé,

" Sans emporter paquet ni malle :

" Mais enfin me voilà sauvé.

" Car je suis en terre papale. "

I. D'Assoucy raconte ainsi son enfance, dans la pièce intitulée : La Prison.

" Les sots enfants de mon quartier " A six ans me jetaient la pierre ; '* A neuf ans, petit écolier, " Chez un peuple rude et grossier, " Je fus, allant en Angleterre, " Pris à Calais pour un sorcier. " (Ibid., p. 452.)

D'Assoucy retrace en un autre ouvrage ses Aventures cV Italie, puis ses Pensées dans le saint office de Rome, c'est-à-dire dans les prisons de l'inquisition ; enfin ses misères dans la prison du Châtelet, qu'il appelle " la boîte aux cailloux " et " la plus puante " prison qui fut jamais. " Il était confiné en ce triste séjour, quand Boileau écrivait le " tout trouva'. Boileau ne s'exposait guère en lançant ce dard poétique contre le pauvre empereur du Burlesque. Mais d'Assoucy sortit de la boîte aux cailloux :

" ....Poli comme un miroir,

" Blanc comme un cygne et l'âme nette (') : "

Il le dit lui-même ; et le gazetier Robinet le montre rendu au jour :

" Glorieux et blanc comme ivoire (^). "

— Cyrano de Bergerac, rival en sottise (^) de Tinfortuné poète joueur de luth, a fait une caricature, dont voici quelques traits arrangés, coordonnés, ou même embellis par M. Fournel (*). " Cyrano nous le " représente comme un laid petit homme, fort sale et " fort puant, se rapprochant beaucoup de la physiono- " mie du singe et du magot ; aux dents longues, au " nez retroussé ; impie, libertin, bavard ; jasant et " frétillant sans intervalle, si bien qu'on eûtcru volon- " tiers que sa parole était le son produit par le mouve- '' ment perpétuel de ses nerfs desséchés, résonnant " comme les cordes d'une aigre guitare. Il était gueux, " avare, tricheur au jeu, criblé de dettes et toujours

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