‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 154 sur 255 · V. Goujet, t. XVIII, p · texte numérisé non relu

V. Goujet, t. XVIII, p

"... étouffer la triste voix " D'un cygne (!) mourant qui soupire " Et mettre une muse aux abois, " Qui tant de fois vous a fait rire, " Et qui sut charmer tant de fois, " Par les doux accents de sa lyre, " Les deux plus grands de tous vos rois ('). "

Boileau semble reconnaître, par le fait, les succès du pauvre homme, à la cour de Louis XIII et de Louis XIV, quand il dit au vers suivant :

" Mais de ce style enfin la cour désabusée — "

Donc la cour en avait été réellement abusée ; Corneille aussi, car l'auteur du Cid félicita l'auteur de \Ovide en belle humeitr. Et même le compliment de Corneille à d'Assoucy est fort joliment tourné. C'est un sonnet :

" Que doit penser Ovide, et que nous peut-il dire, " Quand tu prends tant de peine à le défigurer, " Que, ce qu'il écrivit pour se faire admirer, " Grâces à 6i!Assoucy sert à nous faire rire ?

" Il y trouve la gloire où son travail aspire ; " Tu ne prends tant de soins que pour mieux l'honorer : " De tant d'attraits nouveaux tu viens de le parer, " Que, moins il se ressemble, et plus chacun l'admire.

" Sa plume osa beaucoup ; et plantes, animaux, " Fleuves, hommes, rochers, éléments et métaux, " Par elle ont vu changer leurs êtres et leurs causes.

" La tienne, plus hardie, a plus encore osé, " Puisque le grand auteur de ces Métamorphoses " Lui-même enfin par elle est métamorphosé (f). "

Racine lisait Scarron et en riait : Boileau faisait grâce au début du Typhon ; que ce soit l'excuse de Corneille, pour avoir loué d'Assoucy et VOvide métamorphosé. Du reste, Corneille ne fut pas le seul ;

Page 1