‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 159 sur 255 · I. Les Grands Jours^ etc. Éd. Chérnel, p · texte numérisé non relu

I. Les Grands Jours^ etc. Éd. Chérnel, p

?.. Molière, Parisien, exerça ses talents tout d'abord en Province.

" monsieur de Corneille, monsieur de Rotrou ('), " monsieur deSaint-Amant et monsieur de Benserade". Puis il essaye une apologie de sa province, à lui : " L'Anjou n'est pas situé au-delà du cercle polaire, ni " dans les déserts d'Arabie, et ne ressemble pas à ces " îles qui ne sont habitées que de magots, de monstres " et de barbares. "

Fontenelle qui cite le cas du poète gentilhomme d'Anjou, tire de là cette conclusion : " Il est assez " remarquable qu'il y ait eu un temps, où l'on se soit " cru obligé de faire ses excuses au public de ce " qu'on n'était pas Normand (^)." Fontenelle avait cet avantage, comme ses oncles Pierre et Thomas.

Le poète Petit- Val avait écrit à Saint-Amant (non sans une pointe de malice), à propos du grand Corneille :

" Saint-Amant, ne crains plus d'avouer ta Patrie,

" Puisque le dieu des vers est né dans la Neustrie (3). "

En 1662, le brave Chapelain s'étonnait à demi de ce que les femmes eussent de l'esprit, ou d'autres bonnes qualités, ailleurs qu'en Normandie. Il écrivait, à propos de M^^^ ç^q \^ Trousse : " Ce n'est pas un " petit miracle, de voir une dame qui n'est pas née " en Normandie, spirituelle, de goût délicat, civile, " discrète, intelligente, comme est celle-ci... (■♦) " En 1689, madame de Sévigné, la plus spirituelle des parisiennes, rendait à la terre normande un hommage qui rappelle celui dont le sieur de la Pinelière

1. Les œuvres et la mort de Rotrou ont fait trop d'honneur à Dreux sa patrie, pour que la Normandie le réclame ; c'est une erreur du poète angevin.

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