Êp. I. VII, V. I02 etc
2. Pucelle, Liv. IV. — Mais que faut-il penser de la critique que le savant P. Oudin se faisait fort de soutenir ? " Il prétendait avoir com- " paré suffisamment les poésies de Chapelain avec celles de Despréaux, " pour être en état de prouver que ce dernier avait tiré beaucoup d'hé- " mistiches et même des vers entiers du poème de la Pucelle.'''' {Mél. hist. et phil. de Michault, cité par Livet, Hist. de PAcad., t. II, p. 133.)
Quelque hardi et patient chercheur aura-t-il jamais le courage de refaire ce travail du P. Oudin ? Il serait assez plaisant de voir quelles perles Boileau trouva et cueillit dans les vers épiques de Chapelain.
différait, en plusieurs cas, de celle de la prose. Ainsi, en prose, on ne faisait point sentir Vr de l'infinitif en er ; mais en poésie enfer et triompher, cher et chercher, avaient des consonances identiques. Ces anomalies avaient lieu pour la syllabe où Voici comment le P. Mourgues les expose dans son Traité, publié dix ans après XArt Poétique : " Quoiqu'en " lisant de la prose, on dise craire pour croire, on n'a " jamais fait rimer croire avec contraire. Mais ce qui " paraîtra plus singulier, c'est que, quoique dans le " langage ordinaire le son de cette diphtongue oi se " rapporte parfaitement à celui de la diphtongue ai, " pour le regard des verbes, et que l'on prononce : '' jai7nois, Jaimerois, comme si l'on écrivait \j aimais, ''J'aimerais, toutefois quand ces termes sont employés " pour rimer, nos poètes les prononcent encore comme " l'on faisait, du temps que l'on écrivait : faimoye, '' jaimeroye ; — je veux dire qu'ils font x'wa^x: faim ois, "par exemple avec mois, faimerois 2.VÇ.Q. rois ; don- " nant constamment à cette syllabe ois le même son " dans les verbes et dans les noms ('). "
Même au temps où Boileau écrivait sa Poétique, les vieillards, nés sous Henri IV, ou Louis XIII, prononçaient :/r«;2/:^^^. Le P. 'Quï^&r (Tj'aité de prononciation, édition de 17 14), dit des mots terminés en ois et oie7ît : "Après les avoir prononcés avec le son d'^ et " ô!i (oi), on en vint à les prononcer avec le son d'o et ' d'e {oh), tels qu'ils étaient encore universellement " prononcés, il n'y a pas cent ans. Je me souviens de " les avoir entendus, dans ma jeunesse (1670-1680), " prononcer communément de la sorte aux vieillards. " Quelques-uns le font encore.