I. Rec. des plus belles pièces, t. VI. 3. Mourgues, op, cit
Mort de Griset.
" Griset est mort ! Une noire Furie,
" Des Ris, des Jeux, des Amours. ennemie,
" En trahison a pris ce chat si beau ;
" Pleurez, mes yeux, et vous fondez en eau ;
" Vous n'avez plus rien à voir dans la vie.
" Malgré cent tours d'une aimable folie,
" Malgré sa peau tachetée et polie,
" Sa longue queue et son petit museau,
" Griset est mort.
" Pour rendre honneur à son ombre chérie, *' De chats mignons une troupe choisie " Toutes les nuits s'en vient sur son tombeau " Verser le sang d'un rat ou d'un moineau ; " Puis miaulant d'un air triste, elle crie :
" Griset est mort/ {')"
Inutile de faire ressortir cette observation du P. Mourgues : " Le Rondeau est extrêmement gênant " par l'ordre et le nombre des mots qui doivent rimer "ensemble... "Néanmoins les vieux faiseurs de rondeaux avaient encore enchéri sur ces difficultés, en créant les rondeattx redoublés, comptant 24 vers, sur deux rimes, partagés en six quatrains, et soumis à plusieurs autres entraves. " Aujourd'hui, écrit le " P. Mourgues, personne ne veut plus guère s'assu- " jettir à cela. Benserade en a fait quelques-uns ".
Benserade en a fait un comme modèle, prodigieux tour de prestidigitation, dans le goût du rondeau simple de V^oiture. Il commence ainsi :
" Si l'on en trouve, on n'en trouvera guère,
" De ces Rondeaux qu'on xxomxxxQ redoublés .. . " (^)
Ces poèmes à répétition ne sont point de la poésie; ce sont tout bonnement des jeux de société.