I. Les Vtsionn., acte I, se
" de grâce dans la langue française que dans la " grecque (').
" Us ne manquaient point de diminutifs, à la mode '' des italiens, comme doucelette, tendrelette, mignar- " delette (=). "
En général, le xvii^ siècle, dans ses critiques de Ronsard, ne voit qu'un génie " brouillant tout ", parlant " grec et latin " en français; il semble qu'on n'ait alors saisi que par les petits côtés la tentative du vieux et très hardi poète. — " Balzac, dit Brossette, reproche " à ce poète ses licences outrées, ses négligences, son " affectation à confondre les idiomes et charger son " français de grec et de latin. "
Le bon La Fontaine daube lui-même le pauvre Ronsard, et pour des causes semblables :
" Ronsard est dur, sans goût, sans choix, " Arrangeant mal ses mots, gâtant par son françois " Des Grecs et des Latins les grâces infinies. " Nos aïeux, bonnes gens, lui laissaient tout passer, " Et d'érudition ne se pouvaient lasser; " C'est un vice aujourd'hui (3). "
On a entendu le P. du Cerceau se plaindre, en vers, des travestissements gréco-latins de notre Apollon; voici comme il le juge en prose " Ces messieurs (de la " Pléiade) crurent embellir notre langue, en l'obscur- " cissant; ce fut un mérite, que de se rendre inintelli- " gible;et la chose fut poussée si loin, que, du vivant
1. Charpentier, le savant, condamnait aussi cette témérité : " La " Poésie... de Ronsard et de ses contemporains se plaisait à cette " audace dithyrambique ; à la composition insolente de mots extraor- " dinaires. Elle appelait Jupiter tue-géant, le QX&Xporte-flatnbeaux. Elle " appelait une bouche prophétique \xa. gosier inâche-laurier. C'était une " langue nouvelle. " De VExcell. de la Lang. Fr., t. II, p. 628-629.