‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 203 sur 255 · J-'ART POETIQUE · texte numérisé non relu

J-'ART POETIQUE

" les rieurs n'étaient pas de leur côté, ils n'osèrent rien " dire.

" Chapelain se contenta de s'approcher de Ron- " sard, de lui aider à se relever, et de le reconduire " au bas de la montagne, où ils demeuraient ensemble, " et où ils avaient contracté une étroite amitié, à " cause de la conformité d'humeur, de génie et de " langage qui était entre eux (').

Et ces deux grands débris se consolèrent !... Pauvres grands hommes ! que de soufflets !

La Mothe ne se borne pas à signaler l'oubli profond où gît Ronsard ; il doute même que la postérité puisse jamais songer à rouvrir ce tombeau : " Ronsard, dit ** La Mothe, ne laissa pas d'être l'admiration de son *• siècle ; mais sa gloire ne lui survécut guère ; et il " est enfin tombé dans un oubli, dont il n'y a pas d'ap- " parence qu'il se relève. Il est vrai que Pindareeut à " peu près la même fortune " (^). Aujourd'hui, Pindare est encore de mode; Ronsard est aux trois quarts ressuscité à la gloire; et La Mothe... O temporal C'est le cas de répéter avec Pradon : '' Tout change, " et particulièrement en France ".

Perrault admira aussi ce retour des choses humaines en la personne de Ronsard. Mais il s'en réjouit, et tâcha d'en profiter au compte des Modernes. Quoi d'étonnant si Ronsard est méconnu, décrié, honni ? Ronsard est un " Ancien " ; son époque est arriérée; le progrès, c'est nous ! Voilà, en bref, tout l'argumjnt de Perrault. Citons-en quelques phrases : Ronsard avait conquis " les suffrages de la Cour, de la ville et " de toute la France ; jusques-là qu'il passa en com- " mun proverbe que, de faire une incongruité dans la

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