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qu'il en bannissait les mots grecs et latins forgés par la Pléiade. C'est ce que faisait remarquer au milieu du xviie siècle, le sieur de Souvigny : " Malherbe, sur " tous les autres, se mêla de faire des retranchements, " et de condamner tous les mots dont il croyait qu'on " se pouvait passer, et qui, à son avis, sentaient un peu " le vieux.
" Ce qu'il a changé ou ajouté n'a guère paru, pour " ce qu'il n'a guère écrit. Mais ses opinions et ses con- " seilsont été suivis par plusieurs auteurs de son siècle. " Quant à lui, qui voulait donner des lois aux autres, " on lui a trouvé, dans sa prose, un langage assez pur, " mais on l'a estimé fort foible {').
Cela ne vient-il point de ce que Malherbe avait trop " réparé " la langue ? Balzac ne lui pardonna pas d'avoir, comme disait Régnier, " regratté un mot dou- " teux ". Il fut même sévère jusqu'à l'excès pour son vieux maître, dont il ébaucha ce portrait vraiment très peu flatté : '•' Vous souvenez-vous du vieux Pédagogue " de la Cour, et qu'on appelait autrefois le Tyran des " mots et des syllabes, et qui s'appelait lui-même, lors- *' qu'il était en belle humeur, le gi^ammairien à limettes " et en cheveux gris ? N'ayons point dessein d'imiter ce " que l'on conte de ridicule de ce vieux docteur. Notre " ambition se doit proposer de meilleurs exemples. J'ai " pitié d'un homme qui fait de si grandes difficultés " entre /(«j çXpolnt ; qui traite l'affaire des Gérondifs et " des Participes, comme si c'était celle de deux peuples " voisins l'un de l'autre et jaloux de leurs frontières.
" Ce Docteur en langue vulgaire avait accoutumé
" de dire que, depuis tant d'années, il travaillait à dé-
' gasconner la Cour et qu'il n'en pouvait venir à bout.
' La mortfattrapa sur l'arrondissement d'une période ;