‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 213 sur 255 · I. De la conn. des bons Liv., 167 1, p · texte numérisé non relu

I. De la conn. des bons Liv., 167 1, p

" et l'an climatérique l'avait surpris délibérant si erreur " et doute étaient masculins ou féminins. Avec quelle " attention voulait-il qu'on l'écoutât, quand il dogma- " lisait de l'usage et de la vertu des particules (') !

Les anecdotiers veulent que Malherbe ait joué ce rôle jusqu'en son agonie, et que, même alors, il ait tancé sa servante, ou sdi garde-malade, ou son hôtesse, pour avoir négligé la grammaire.

Mais ce législateur, qui biffa le style grégeois de Ronsard, n'a-t-il pas plus d'une fois, lui aussi, ronsardisé ? Par exemple, lorsqu'il dit :

" Et toutes les faveurs humaines " Sont Jwnérocalles d'un jour (2) ! "

Et:

" • ■ 'Ne tiens point ocieuses

•' Ces âmes ambitieuses... (3) "

" N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée.

Le second hémistiche est la traduction du '' purgatam aurem'' d'Horace.

Selon Boileau et plusieurs conteurs, nous devons, en partie, la douceur des vers malherbiens à l'oreille " épurée " d'une servante, dont Malherbe prenait conseil : " On dit que Malherbe consultait sur ses vers " jusqu'à l'oreille de sa servante (*). " Le poète, aidé de cette oreille rustique, évita le " concours odieux des sons pénibles et des heurts trop brusques. Pourtant, à y regarder de bien près, on découvrirait même chez lui des chocs dignes de Chapelain. Par exemple :

" Nature fait bien quelque effort,

" Qu'on ne peut condamner qu'à tort (s). "

I. Socrate Chrétien, Disc. X"^ — 2. Ode à M. de la Garde, 1628. — 3. Ode au Roi Henry le Grand. — 4. Boileau, Réfl. crit., Réfl. I. — 5. Consolation.

Et:

" Mais parmi tout cet heur, ô dure Destinée, " Que de tragiques soins, comme oiseaux de Phinée, " Sens-je me dévorer (') ! " Ou encore :

" Celui qui ne s'émeut a l'âme d'un barbare, " Ou n'en a du tout point (^). "

" Les stances avec grâce apprirent à tomber.

Malherbe a intitulé stances plusieurs de ses petites pièces. Au xvii^ siècle, on appelait ordinairement de ce nom italien (^) les divisions de l'ode solennelle ou gracieuse. Après en avoir exposé les lois minutieuses, le Père Mourgues disait: " C'est de toutes ces sortes " de Stances qu'on fait les Odes, les Éloges, les petites " descriptions, et généralement les Pièces qui ne sont " pas d'une fort longue étendue. " Au même endroit, le même auteur déclare que nos Stances ont " beaucoup "de rapport" avec les 5'z?;'6'//^^i- des Grecs et des Latins (+). Chapelain, jugeant une des premières Poésies de Racine, dit : " L'ode est fort belle, fort poétique, et " il y a beaucoup de stances qui ne peuvent être " mieux {^). " Boileau, annonçant au même Racine son œuvre pindarique sur la prise de Namur, écrivait : " L'ode sera de dix-huit stances /cela fait i8o vers. Je " ne croyais pas aller si loin (^). " Nous avons remplacé \&s stances ^2iv\&s strophes, en gardant le titre de stances aux monologues lyriques, comme dans le CidQi Polyeucte.

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