Ibid., p
PROLEGOMENES. 29
" tâchons' d'amuser notre cher cardinal ('). Corneille " lui a lu une comédie, qui sera jouée dans quelque " temps, et qui fait souvenir des anciennes (^); Molière " lui lira samedi Trissotin, qui est une fort plaisante " pièce. Despréaux lui donnera son Lutrin et sa Poé- " //^//^. Voilà tout ce qu'on peut faire pour son service." Certes c'était bien quelque chose.
La marquise eut plus d'une fois la bonne fortune d'être invitée à ces banquets des muses, dont elle refaisait ensuite pour sa fille l'histoire et l'éloge. Elle disait le 15 décembre 1673: " Je dînai hier avec ' monsieur le Duc, monsieur de la Rochefoucauld, " madame de Thianges, madame de la Fayette, " madame de Coulanges, l'abbé Têtu, monsieur de " Marsillac etGuilleragues;et puis on écouta la /'^///^//^ " de Despréaux, qui est un chef-d'œuvre. " Chefd'œuvre ! voilà le nom que portait déjà parmi le beau monde, ce recueil de droit poétique encore sur le métier.
Le 12 janvier 1674 : " M. de Pompone m'a priée " de dîner demain avec lui, et Despréaux, qui doit lire " sa Poétique. " Le 15 du même mois : " J'allai donc " dîner samedi chez M. de Pompone, comme je vous " avais dit; et puis, jusqu'à cinq heures, il fut enchanté, " enlevé, transporté de la perfection des vers de la " Poétique de Despréaux.
C'était donc partie gagnée. Boileau et son livre étaient assurés du succès. Mais il y avait un suffrage plus haut encore que celui des marquises, des ducs, voire même des princes. Le roi était l'admirateur du satirique, depuis que le satirique l'avait si délicatement loué. " Le roi, — je cite Brossette — voulait '• que M. Despréaux lui récitât tous ses ouvrages, à