‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 21 sur 255 · Sur ce fait, voir les notes de Brossette · texte numérisé non relu

Sur ce fait, voir les notes de Brossette

2, Ménagiana, Édit. de 1693, p. 325.

tiques, Boileau se retrouvait là tout entier, dans son beau et dans son fort.

Bientôt la cour et la ville connurent le projet de Despréaux; on s'attendit à une merveille. L'auteur luimême eut l'habileté d'entretenir l'enthousiasme de ses familiers, et prépara de longue main l'apparition du chef-d'œuvre qu'il élaborait. Après avoir écrit, effacé vingt fois, remis sur le métier, poli et repoli un ou deux alinéas ('), il s'en allait les faire applaudir des cercles les plus choisis. Quand il écrivait ce conseil de son chant iv^ :

" Quelques vers toutefois qu'Apollon vous inspire, " En tous lieux aussitôt ne courez pas les lire (^), "

Boileau se riait de ses confrères moins habiles ou moins heureux, qui ne pouvaient comme lui, débiter leurs rimes naissantes sous un lambris doj'é. A Boileau étaient réservées ces fêtes exquises. Il ne lisait pas sa Poétique " en tous lieux "; mais il en régalait, au fur et à mesure, les salons qui régnaient sur le goût public. Ses ennemis ne manquèrent pas de lui en faire un crime. Desmarets de Saint-Sorlin, voyant de quelle faveur on salua l'œuvre de son rival, attribuait cet engouement aux lectures à huis-clos, oii le poète avait " mendié " les suffrages if). " Il (Despréaux) com- " mençait à déclamer en divers lieux les principaux " endroits de sa pièce, pour disposer les esprits à en " parler partout comme d'une merveille (■*).

Ce stratagème très licite réussit à Despréaux, comme il réussissait à Corneille, et à Molière. Le 9 mars 1672, la marquise de Sévigné écrivait: " Nous

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