‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 224 sur 255 · I. Remarques, etc. Préface · texte numérisé non relu

I. Remarques, etc. Préface

" Elle est simple, il est vrai; mais on n'ignore pas " Dans sa simplicité combien elle a d'appâts. " Elle ne peut souffrir la trompeuse équivoque, " Des mots à double sens le petit jeu la choque...:

" Sa pudeur innocente et son libre enjouement " A tout ce qu'elle dit donnent de l'agrément ('). "

Quand Despréaux conjurait les écrivains français de révérer leur langue comme chose sacrée, tous les vrais beaux esprits faisaient écho; tous savaient, ou devinaient, les ressources de l'idiome " vulo-aire ". Et tout juste alors, en 1674, le P. Rapin faisait cette réflexion : " Cette pureté d'écrire s'est si fort établie " depuis quelque temps parmi nous, que c'est être bien " hardi que de faire des vers, dans un siècle aussi " délicat que le nôtre, sans savoir parfaitement la " langue {'). "

Pour finir, citons encore Charpentier ; il a soigné sa page. " La langue française...., on voit aisément " qu'elle est une de celles qui approchent le plus de " l'idée d'une langue parfaite.

" Elle possède par excellence la netteté et la clarté, " qui sont les principales beautés du discours selon " Aristote (!), puisqu'on ne parle que pour se faire " entendre.

" Elle est douce, elle est sio-nificative, elle est so- " nore, elle est éloquente, elle est nombreuse.

" Ce n'est point une langue dont les expressions " soient heureuses, mais fortuites; et qui n'ait point " de règles pour s'assurer quand elle a bien fait, ou " pour se corriger quand elle a failli.

" Elle a ses lois, tirées des mêmes sources que la " latine et la grecque.

" C'est désormais une lano:ue de réflexion et d'étude.

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