‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 228 sur 255 · I. Hist. de PAcad. fr, — Arl. La Mothe-Lc Vayer · texte numérisé non relu

I. Hist. de PAcad. fr, — Arl. La Mothe-Lc Vayer

'* Un style si rapide, et qui court en rimant,

" Marque moins trop d'esprit que peu de jugement.

Déjà Boileau s'était moqué de ce coureur littéraire, plusieurs fois nommé, et s'inquiétant peu de ce qui entrait dans les douze pieds de son vers, pourvu que la rime arrivât au bout de la ligne.

Oronte avait mis quinze minutes seulement, à bâtir les quatorze vers de son fameux sonnet:

— " Je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le faire. "

Alceste lui répond :

— "Voyons, Monsieur; le temps ne fait rien à l'affaire. "

Le temps ne fait rien au lecteur; mais il importe grandement à celui qui compose. Le bon Chapelain usa trente ans de son existence à rimer sa Ptuelle; de quoi il n'eût pas été à blâmer, s'il avait été poète. Mais du moins. Chapelain était bon juge, quand il estimait le temps chose nécessaire à la perfection des œuvres sérieuses. Dans son Mémoire des gens de Lettres vivants en 1662, il parlait ainsi de l'auteur du Clovis: " C'est un des esprits faciles de ce temps, et qui, " sans grand fonds, fait une plus grande quantité de " choses, et leur donne un meilleur jour... Il est iné- ** pLiisable et rapide dans l'exécution, aimant mieux y " laisser des taches et des négligences, que de n'avoir " pas bientôt fait ('). " Chapelain condamne la folle vitesse. Une fois, sur un point, le bonhomme fut du sentiment de Boileau.

La Bruyère appréciait de même nombre de livres, éclos avant ses Caractères, " livres froids et ennuyeux, " d'un mauvais style, et de nulle ressource, sans *' règles et sans la moindre justesse, contraires aux

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