I. V. Hisi. de PAcad.fr. Ed. Livet, t. I, p
" mœurs et aux bienséances, écrits avec précipitation et " lus de même, seulement pour leur nouveauté ('). Ce n'était pas ainsi que l'on composait ces pages immortelles, toujours admirées et même lues. On créait les beaux vers et la belle prose, à tête reposée, à loisir, à force de réflexion et de temps.
C'était chez les Précieuses de Molière que l'on faisait les impromptus, ou qu'on les prenait pour des merveilles. Mascarille, le faquin, y disait: " Je suis diable- " ment fort sur les impromptus! " et Cathos de répondre: " L'impromptu est justement la pierre de touche
" de l'esprit {^).
" J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
La molle ai'ène signifie le sable fin. Il est intéressant de mettre ici la prose de Boileau en regard de ce vers. Quelques années auparavant, Boileau avait imaginé un dialogue contre les modernes qui font des vers latins. Il y introduit en scène Horace, s'escrimant à aligner des hexamètres français, et débutant par celui-ci:
'* Sur la rive du fleuve amassant de Varhie...
— ** Halte-là! lui crie un poète (c'est-à-dire Des- ** préaux en personne), on ne dit point en notre lan- " gue: sur la rive du fleuve, mais sur le bord de la " rivière. Amasser de \ arène ne se dit pas non plus; '' il faut dire du sable. " Boileau vraisemblablement, n'avait plus présente à la mémoire cette leçon de français donnée à Flaccus, quand il prit arène pour synonyme de sable.