VI. — Le privilège
" Allez, partez, mes Vers
" C'est trop languir chez moi dans un obscur séjour. " (Ep. X, V. 2 et 3.)
'ART POÉTIQUE était donc célèbre avant d'avoir vu le jour. Ce devait être un beau butin pour le libraire qui aurait la gloire et la chance de l'imprimer. Barbin ne l'ignorait pas ; il flaira l'occasion, et il alla audevant. Du reste Barbin avait quelque droit à cette aubaine ; son nom occupait une place très honorable dans un des hémistiches (-5). Il se mit donc en devoir d'obtenir le privilège royal; et cela.dès 1672. Le chancelier Séguier venait de mourir; c'était au roi lui-même qu'il fallait avoir recours; le libraire s'adressa au roi.
Mais les adversaires du satirique avaient les yeux et l'oreille au guet. L'Académie, dans la personne des Chapelain, des Cotin, des Quinault,des Charpentier, des Cassagne, des Boyer, des Saint-Sorlin, ou d'autres
1. V. inf. Les â^es. — M. de Boze dit dans son Éloge : " M. Despréaux " eut l'honneur de lui réciter (au roi) quelques chants du Lutrin et d'au- " très pièces qui n'avaient pas encore paru. "
{Hist. de PAcad. roy. des Inscr. et B. L. t. III, p. 298-9.)