I. Se. VI, I. — 2. Phil. et Bauc, fin
" Puis comme ayant un sens meilleur que tous les nôtres. " Qui voudra l'éprouver obtienne seulement
" Que le roi lui parle un moment ('). "
Et pourtant il arriva que ce monarque soumit son jugement littéraire au jugement d'un de ses sujets ; et que ce mortel favorisé fut Boileau. Quelle belle preuve du goût excellent et de ce sujet, et de ce monarque! Après cela, Boileau pouvait bien jeter un coup d'œil et un vers dédaigneux sur les sots admirateurs, qui se pavanaient dans les antichambres.
Tout ce que Boileau a dit, en cet endroit, contre les poètes flatteurs, contre l'amour des auteurs pour leurs " plats ouvrages ", enfin contre les gens de Cour applaudissant les platitudes versifiées, Bossuet l'a répété, mais d'un ton autrement solennel, dans une page terrible du Traité de la Concupiscejice. Bossuet y juge en évêque ses contemporains, " qui passent " leur vie à tourner un vers, à arrondir une période, " en un mot, à rendre agréables des choses non seule- " ment inutiles, mais encore dangereuses.
" Aveugles admirateurs de leurs ouvrages, ils ne " peuvent souffrir ceux des autres ; ils tâchent, parmi " les grands, dont ils flattent les erreurs et les faibles- " ses, de gagner des suffrages pour leurs vers. S'ils " remportent, ou qu'ils s'imaginent remporter l'applau- " dissement du public, enflés de ce succès, ou vain, ou " imaginaire, ils apprennent à mettre leur félicité dans " des voix confuses, dans un bruit qui se fait dans " l'air, et prennent rang parmi ceux à qui le prophète " adresse ce reproche : Vous qui vous réjouissez dans " le néant !...
Bossuet ne nomme personne. Mais à deux pages de là, il condamne la plus méchante Satire de Despréaux ;