‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 252 sur 255 · Mél. 4«= Éd., t. III · texte numérisé non relu

Mél. 4«= Éd., t. III

" que d'autres; qu'on " peut être habile avec un point " de Venise et des plumes, aussi bien qu'avec une " perruque courte et un petit rabat uni; que la grande ** épreuve de toutes vos comédies, c'est le jugement " de la Cour; que c'est son goût qu'il faut étudier *' pour trouver lart de réussir (').

Molière parlait d'après son expérience personnelle. Du reste l'histoire de notre grande Littérature montre bien que la Cour du xvii'^ siècle jugeait " plus finement " des choses, que tout le savoir enrouillé des pédants ". La Fontaine, qui ne sut pas être Courtisan, n'ignorait point que le goût exquis hante les "lambris dorés". Il écrivait au duc de Vendôme que les Muses,

" Par ordre d'Apollon, " Transportaient dans Anet tout le sacré vallon. "

Et dans l'éloge de ce même Duc, son protecteur et son ami, le Bonhomme glissait ce compliment:

" Vous joignez à ces dons l'amour des beaux ouvrages; " Vous y joignez un goût plus sûr que nos suffrages; " Don du ciel, qui peut seul tenir lieu des présents " Que nous font à regret le travail et les ans (^). "

La Fontaine porta plus haut cet encens poétique et salua plus haut le bon goût des " demi-dieux ". Dans une de ses poésies légères, il se souhaite de pouvoir, quelque jour, " divertir le monarque ".

Il continue ainsi:

" Qu'est-ce qu'un auteur de Paris?

" Paris a bien des voix; mais souvent, faute d'une,

" Tout le bruit qu'il fait est fort vain; " Chacun attend sa gloire ainsi que sa fortune

" Du suffrage de Saint-Germain.

" Le Maître y peut beaucoup, il sert de règle aux autres,

'* Comme Maître premièrement;

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