V. page
3. La Monnoie, dans une épigramme, déclare qu'il a lu le livre de Frain du Tremblay « une fois ». Poésies etc. éd. de 17 16, p. 80.
4. Discours sur Porii^ine de la Poésie, sur son usage, et sur le bon goût. Disc. I, p. 1 10.
PROLEGOMENES. 45
prêté le crédit de son nom et de son talent à ces idées regrettables; il finit en saluant dans un avenir lointain, la rupture des écrivains de France avec les absurdes ornements de la Fable, avec des " expressions si usées " et si " bizarres"'.
" Je suis peut-être, dit-il avec quelque fierté, le " premier à me roidir contre le torrent ; et j'ouvre sur " certaines choses un chemin que personne n'a encore " frayé " ('). Donc Frain du Tremblay ne connaissait point Desmarets ; n'en avait-il pas plus de mérite à se " roidir " contre l'usage accepté, approuvé, confirmé par Boileau ? Malheureusement Boileau ne put jeter un coup d'œil sur les horizons entrevus par le savant d'Anjou. L'approbation des Discours sur l'Origine de la Poésie etc. est du 6 mai 1711, et Boileau avait dû céder à la Parque et passer ronde 7toire le 1 3 mars précédent.
6^ Une autre accusation générale intentée par les contemporains contre le Législateur, est une accusation de lâcheté — attendu qu'il fait peser ses critiques à peu près exclusivement sur des morts ; Ronsard, Scarron, Scudéry, Saint-Amant, Gombaud, etc., etc, ... et Molière. Carel, qui s'est constitué vengeur de ces victimes, interpelle le satirique, brave à contre-temps ; et il lui demande compte de cette hardiesse peu compromettante en face des trépassés.
Et Pradon :
" Ah ! qu'il fait beau le voir, lorsqu'il s'enfle et se guindé,
" Ce corbeau, déniché des Montfaucons du Pinde,
" Faire tout retentir de ses croassements,
" Et des morts immortels ronger les ossements ". (^)