‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 40 sur 255 · Digression sur les Anciens et les Moderjies, p · texte numérisé non relu

Digression sur les Anciens et les Moderjies, p

3. Réflexions sur la Poésie, ch. vu, de la Poésie Didactiqtie,

" Poètes ('). " Louis Racine fait ressortir les charmes du poème didactique de Boileau ; il y découvre plus de variété que dans le chef-d'œuvre latin : " Je crois " Boileau encore plus heureux ; parce qu'en même " temps qu'il donne un précepte, il donne par son " style l'exemple du précepte. S'il parle de l'Ode, et " des différents sujets qu'elle peut traiter, il prend " le style élevé, gracieux ou tendre, suivant ces diffé- " rents sujets.

" Son style doux et naturel, quand il parle de l'Idylle, " se change en un style lugubre, quand il vient à " l'Élégie.

"Il enlève par le style le plus pompeux, en parlant " de la poésie épique ; et lui-même remue le cœur, en " apprenant aux poètes tragiques à le remuer.

" Il a su même, dans un si noble sujet, prendre un

" moment le ton familier et badin, en racontant l'histoire

" de ce médecin,

" Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin ;

" de manière qu'il a exécuté ce qu'il recommande aux

" autres, quand il leur dit qu'il faut :

" (Tîine main légère " Passer du grave au doux, du plaisant au sévère (^). "

Voltaire, appréciateur assez équivoquede Despréaux, faisait toutefois franchement cas de \Art Poétique : " VI Art Poétique est admirable, parce qu'il dit toujours •' agréablement des choses vraies et utiles ; parce qu'il " donne toujours le précepte et l'exemple ; parce qu'il " est varié; parce que l'auteur, en ne manquant jamais " à la pureté de sa langue,

" sait, d'une voix légère, " Passer du grave au doux, du plaisant au sévère.

1. Réflexions sur la Poésie, ch. vu, de la Poésie Didactique.

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