V. plus bas, Traductions
PROLEGOMENES. 57
" qu'Horace donna de son temps sur la même matière. " Notre Poésie, beaucoup plus variée que celle des " Latins, a pris différentes formes qui leur étaient " inconnues : ainsi la sagesse antique ne fournissait " que des conseils généraux; le caprice moderne " demandait des leçons qui lui fussent propres.
" Tout le monde sait comment M. Despréaux y a " réussi. Son Art Poétiqtie, amas prodigieux de règles " et d'exemples, est lui-même un poème excellent, " un poème agréable, et si intéressant, que, quoiqu'il " renferme une infinité de choses qui sont particulières " à la Langue, à la Nation et à la Poésie française, il a " trouvé en Portugal un traducteur du premier ordre " dans la personne de M. le comte d'Ericeyra ('). "
Fontenelle, peu prodigue de compliments envers Boileau, regardait X Art Poétique comme l'apogée de la versification française : " Nous voyons par Y Art Poé- " tique, et par d'autres ouvrages de la même main, que " la versification peut avoir aujourd'hui autant de no- " blesse, mais en même temps plus de justesse et " d'exactitude qu'elle n'en eut jamais (^).
Louis Racine estimait, prônait, vengeait, avec amour, le grand travail du meilleur ami de son père. Il appelait \ Art Poétique : 1' "ouvrage le plus parfait que " nous ayons dans la Poésie française (^) ". Il le comparait aux Géorgiqites de Virgile et concluait en mettant les deux auteurs sur la même lio-ne : " Ces " deux ouvrages admirables prouvent donc que des " Poèmes didactiques peuvent mériter justement à " leurs auteurs le titre de Poètes et de grands
1. Eloge de M. Despréaux, par INI. de Boze. Hisi. de VAcad. royale des Inscript, et B. Z., t. III, p. 297.