‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 53 sur 255 · Odes et Ballades, Préface de 1824, note · texte numérisé non relu

Odes et Ballades, Préface de 1824, note

l'art POéTIQt'E. 6

"Un génie créateur" ! quel aveu en trois mots! Dès 1827, tout avait changé. L'enfant sublime était un adolescent affranchi et séditieux : " Mettons le " marteau dans les théories, les poétiques et les sys- " tèmes ! Jetons bas ce vieux plâtrage, qui masque la " façade de l'art ('). " — En 1830, Hernani, qui fit traiter Racine de " polisson ", fit retomber sur l'inséparable maître et ami de Racine les mêmes avanies et indignités folles (').

En 1834, nouveau progrès, c'est-à-dire nouveau mépris. Devenu dictateur à son tour, V. Hugo décrète l'oubli, le dédain, la noyade, contre les législateurs du passé, flottant avec leurs Poétiques, dans l'océan des préjugés : " On voit bien flotter encore çà et là, sur la " surface de l'art, quelques tronçons de vieilles Poéti- " ques démâtées , lesquelles faisaient déjà eau de '•' toutes parts, il y a dix ans. On voit bien aussi " quelques obstinés qui se cramponnent à cela:

" Rari nantes !

" Nous les plaignons if). "

Du ton de la compassion hautaine, le poète des Contemplations monte à celui de l'indignation et de la colère. Le pauvre Brossette et plusieurs autres tenants et serfs de Despréaux y gagnent des horions, en compagnie du " ci-devant " tyran des Muses :

" Au panier les Bouhours, les Batteux, les Rrossettes ! " A la pensée humaine ils ont mis les poussettes. " Aux armes, prose et vers ! formez vos bataillons ! " Voyez où l'on en est : la strophe a des baillons !

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