‹ L'Art poétique de Boileau, commentéChapitre 54 sur 255 · Littérature et philosophie mêlées, t. I · texte numérisé non relu

Littérature et philosophie mêlées, t. I

PROLEGOMENES. 83

" L'ode a les fers aux pieds, le drame est en cellule. " Sur le Racine mort le Campistron pullule ! " Boileau grinça des dents ; je lui dis : Ci-devant, " Silence ! "

Plus même de voix pour s'expliquer, ou pour se plaindre ! V. Hugo ne sait-il plus ce quatrain de Nicolas ETespréaux :

" Et s'il ne m'est permis de le dire au papier, " J'irai creuser la terre, et, comme ce barbier, " Faire dire aux roseaux par un nouvel organe: " Midas, le roi Midas, a des oreilles d'âne ('). "

V. Hugo n'en a cure ; il passe outre,et grimpé "sur la borne-Aristote ", — il continue :

" Oui, de l'ancien régime on a fait tables rases \

" Et j'ai battu des mains, buveur du sang des phrases,

" Quand j'ai vu par la strophe écumante, et disant

" Les choses dans un style énorme et rugissant,

" \JArt Poétique pris au collet dans la rue (-). "

Pauvre Art Poétique ! il n'avait jamais reçu de si rudes coups. Les disciples de ce " Danton " du Parnasse (c'est le titre que V. Hugo se décerne) imitèrent sa témérité, son langage, ou même les dépassèrent (^). Théophile Gautier est vraiment un modéré, quand il définit Boileau : " esprit juste, mais étroit, critique " passionné et ignorant si l'on en excepte la littérature " ancienne ; poète qui parle toujours de vers et de " rime et jamais de poésie, adroit arrangeur qui n'a " peut-être pas dans toute son œuvre quatre lignes

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