Ayrenhoffs Kleinere Gedichte, etc. p. 'J
2. V. Dialogues contre les Modernes giii font des vers latins^ et Lettre à Brossette, 24 juillet 1699, etc.
PROLEGOMENES. 101
" Divines, factus genio instinctore poeta,
" Nil potis est sapere ingenium, arcta compede vinctus
" Nec prsesto est Phoebus, nec ei fit Pegasus aies (')... "
Godeau allonge, modifie, embellit son modèle ; d'autres se sont efforcés d'enfermer dans leurs dactyles et spondées, le sens et les mots du législateur, ni moins, ni plus. On a en effet maintes fois recommencé cette besogne. Nous nommerons ici les principales versions de ce genre, qui soient venues à notre connaissance :
\J Art poétique envers latins, par l'abbé Paul, Lyon, An XII, 1804. Cet ouvrage eut, je ne sais pour quelle cause, une seconde édition en 1820.
" Ars Poetica N. Bolaei in versus latinos conversa, " Audore JJ. Laval. — 1822 {^). "
" LArt poétique de Boileau^traduction en vers latins, "' par Jacq. Jos. Deglimes, Principal du collège de Tir- " lemont, Bruxelles, " 181 7 Cette version du latiniste belge est peut-être de toutes la plus parfaite. Exemple :
" Vano tentabit nisu temerarius auctor " Scandere Pierii sublimia culmina montis, " Si minus incendit cœlestis flamma medullas, " Aut bona nascentem finxerunt astra poetam : " Ingenio premitur semper captivus in arcto, " Pegasus et sternax hune excutit alite dorso. "
'' L' Art poétique etc.. par l'abbé Eugène Marc, " chanoifie honoraire de Bayeux, Président de la société " Linnéenne de Normandie. " Caen, 1875. L'exactitude
1. Perilhistris viri Nie. Boileau-Despréaux Opéra e gallicis numeris in latinos translata a D. Godeau antiguo redore Universitatis studii parisiensis. Parisiis, MDCCXXXV^II, p. 285. Le poète Gacon avait promis au public une traduction en vers latins du poème de Boileau. (Cf. Goujet, Bibl. franchi. VII, p. 212.) Nous ne voyons pas qu'il ait tenu sa promesse. Fa'it-il l'en blâmer, ou en féliciter le public .' Félicitons-en du moins le libraire de Gacon.
2. Berriat S. -P. indique cet ouvrage et le précédent. V. t. I, pp. 198 et 201.
en est remarquable, presque idéale — : un hexamètre pour un alexandrin, comme chez le translateîw belge :
" Frustra, in Parnassi coetu, temerarius auctor
" Sublimem affectât callere poeseos artem,
" Ni tacito influxu cœli moveatur ; et illum
" Nascentem Genius formaverit ipse poetam
" Ingenio nam semper erit captivus in arcto ;
" Surde audit Phoebus, fit ei quoque Pegasus asper.
Voilà bien le '' fidus intcrpres " et le " verbuin verbo ", autant que la chose paraît faisable en ces tours de force.
On lit dans \ Hermès Ro7nanus de 1810 : " M. Hé- " non, ancien professeur de rhétorique à Reims et cha- " noine de la cathédrale.... était auteur d'une traduction " complète de X Art Poétique à^ Boileau en vers latins. " Cet ouvrage, fort estimé de tous ceux qui l'ont vu, " a été perdu pendant la Révolution ('). "
Espérons que cette perte sera amplement réparée, grâce aux versions nouvelles que l'avenir réserve à la Poétique. M. Hipp. Rigault disait plaisamment, en parlant d'Horace : " Il n'y a pas de magistrat, de diplo- " mate, ou de général en retraite, qui ne le traduise " au moins une fois avant de mourir (^). " Boileau partao-e un peu cette enviable fortune avec le buveur-philosophe de Tibur. Souhaitons donc à \ Art Poétique de rencontrer encore de nombreux interprètes latins. Ce ne sera point un temps entièrement perdu pour ceux qui prendront cette peine. Les vrais — et rares — latinistes se procurent de la sorte une partie de plaisir, qui vaut toutes les parties d'échecs du monde, y compris ces " parties de dominos ", dont M. de Pontmartin goûte si modérément le charme (').