XIV. Ces façons de dire, chez les gens de lettres
n'étaient qu'une locution du beau langage. Le P. du
Cerceau reconnaissait de même, en vers, l'influence de
son astre:
" Contre l'Étoile il n'est dépit qui tienne,
" Et je me cabre en vain contre la mienne ('). "
C'est là une des mille banalités du style convenu chez les élèves du Parnasse et de l'antiquité.
Une autre banalité, qui est de tous les temps, c'est qu'il faut être *' né poète " si l'on se mêle de poésie ; " nasamtur poetae ". Boileau le fait entendre dans ce vers pénible: " Si son astre en naissant, etc.. " Le P. Bouhours amplifie la même pensée dans sa prose: " Le génie est une habileté particulière et un talent " que la nature donne à quelques hommes pour de " certaines choses. Les uns ont du génie pour la pein- " ture, les autres en ont pour les vers. Il ne suffit pas " d'avoir de l'esprit et de l'imagination pour exceller " dans la poésie. Il faut être né poète, et avoir ce natu- " rel qui ne dépend ni de l'art ni de l'étude, et qui tient " quelque chose de l'inspiration (^). " — Tallemant des Réaux, très clairvoyant observateur des hommes et des choses, avait, aux environs de 1660, prononcé que Despréaux n'était point du tout, " né " pour les