‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 104 sur 153 · I. La Muse hist., 22nov · texte numérisé non relu

I. La Muse hist., 22nov

j 2. Disc, prononcé à la récept, de Th. Corn,

Quant à l'opinion de Corneille sur son meilleur chef d'œuvre, elle a peut-être varié. Mais dans V Examen de Rodogune, le poète insinue que ce drame puissant est son ouvrage favori : ** On m'a souvent fait une ** question à la Cour : quel était celui de mes poèmes " que j'estimais le plus? et j'ai trouvé tous ceux qui ** me l'ont faite si prévenus en faveur de Cinna ou du ** Cid, que je n'ai# jamais osé déclarer toute la ten- ** dresse, que j'ai toujours eue pour zç\\i\'Q\{ Rodogune), ** à qui j'aurais volontiers donné mon suffrage. "

Pourquoi Boileau, Racine et Corneille semblent-ils oublier, ou dédaigner Polyeucte? Avaient-ils donc tous laissé corrompre leur jugement par celui de l'hôtel de Rambouillet ?

'* Que Racine, enfantant des miracles nouveaux, " De ses héros sur lui forme tous ses tableaux.

Lisons d'abord cette malicieuse réminiscence de Pradon; c'est un quatrain contre Boileau :

** ... De quel front, de quelle audace extrême, " En parlant de Louis parle-t-il de lui-même ? " On le voit tous les jours peindre dans ses tableaux " D***el Louis, Louis et D*** ('). "

Le trait ne porte pas loin.

Lorsque Boileau versifiait le vœu qu'on vient de lire, sa pensée n'était assurément ni à la satire, ni à la critique. Boileau chérissait trop Racine, pour le censurer, autrement que dans le téte-à-téte de l'amitié. Mais le vers 198, pris à la lettre, souligne précisément le défaut des Tragédies raciniennes. Tandis que le Satirique codifiait ses décrets poétiques. Racine travaillait à son Iphigénie, et formait ses héros grecs

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