VII* Réfl, crit. sur Longin
train contre Corneille ; et si Ton peut s'en fier aux notes d'Addison, il aurait, par devant l'auteur des Musœ Anglicanœ, rabaissé outre mesure le Corneille du Cid et ^Horace (').
Brossette accuse très explicitement les sympathies de Boileau pour Racine. Il le fait, à propos du quatrain composé par Despréaux :
** Pour mettre au bas du portrait de M, Racine :
** Du théâtre français Thonneur et la merveille, " Il sut ressusciter Sophocle en ses écrits ; " Et dans l'art d'enchanter les cœurs et les esprits, " Surpasser Euripide et balancer Corneille.
** Notre auteur avait d abord disposé son vers ainsi : " Balancer Euripide et surpasser Corneille ; et il ne ** le changea que pour ne point irriter les partisans ** outrés de Corneille. — Je ne serais point fâché, ** disait-il, que dans la suite des temps quelque critique ** se donne la licence de rétablir mon vers de la manière ** que je l'avais fait. "
Ce critique viendra-t-il }
Ce que Boileau n'a pu ou voulu dire à la louange de Corneille, Racine la dit en pleine Académie, avec un désintéressement au-dessus de tout éloge. Il faudrait reproduire la moitié du discours qu'il prononça, le jour de la réception de Thomas Corneille. ** ce cadet de ** Normandie ". Une phrase suffira ; elle résume le panégyrique de l'auteur de Polyeucte par l'auteur à'Atkalie :** La France se souviendra avec plaisir que, " scais le plus grand de ses rois, a fleuri le plus grand '* de ses poètes. "
I. " He talked very much of Corneille, allowing bim to be an excellent " poet, but at the same time none of the best tragic writers; for that he " declaimed too frequently, and made very fine descriptions often when " there was no occasion for them. "
{^Lettres (tAddison^ décembre 1700.)
Naturellement Fontenelle, en bon neveu, porte le même jugement de son oncle Pierre Corneille ; il prétend même, sur ses vieux jours, que son opinion est celle de tout le monde, ou à peu près : ** Corneille a la ** première place, Racine la seconde. On fera, à son ** gré, rintervalle entre ces deux places un peu plus ** ou un peu moins grand... Il peut être incertain que " Racine eût été, si Corneille n*eût pas été avant lui ; ** il est certain que Corneille a été par lui-même ('). **
Un autre Normand, poète, Segrais revendiquait sur le même ton le même rang pour son compatriote : " Les cabales ne servent de rien pour faire valoir des ** ouvrages. L'on verra dans 30 ou 40 ans ('), si Ton ** lira ceux de Racine comme on lit présentement ceux ** de Corneille, qui ne vieillissent pas ; c'est le père du " théâtre français. Racine n*a travaillé qu'après lui, et '* que sur son modèle ; et il ne Ta pas surpassé, quoi ** que ses partisans en veuillent dire. Il n'aurait pas '* si bien réussi que Corneille, s'il s'était trouvé dans ** son temps et à sa place... Il y a plus de matière dans ** une seule des scènes de Corneille qu'il n'y en a dans ** toute une pièce de Racine (3)."
La Motte est tout à fait de ce sentiment : ** Quelque " gloire qui soit due à Racine, il ne peut jamais que ** marcher après Corneille. C'est à ce restaurateur de ** la Tragédie parmi nous (pourquoi ne pas dire l'in- ** venteur, puisqu'il a créé un nouveau genre ?), c'est ** à lui que nous devons ceux qui l'imitent, ceux qui " l'égalent, ceux même qui le surpasseraient. J'ai ** peine à croire que Racine, venant le premier, eût