V. P. Cahour, notes de l'A, P,— ^, Od., L. IV
'* Est-ce encore en fuyant qu'ils pensent l'arrêter, " Fiers du honteux honneur d'avoir su l'éviter ?
Boileau mentionne avec un dédain de rimeur et de vainqueur les tactiques du général Montecuculli. " Les ** gens de guerre et les historiens impartiaux ont jugé ** tout autrement que Boileau de la rétraite de Mon- ** tecuculli... (^) " Fléchier, avec plus d'impartialité, reconnaissait dans le chef des troupes allemandes ** un ** général habile et prévoyant ". Mais le poète se laisse emporter par l'enthousiasme ; et d'ailleurs il parle comme X Annibal d!WordiC^ :
" Qmûs opimus " Faîlere et effugere est triumphus (3), "
Montecuculli eut cette gloire ; comme s'exprime Brossette, ce ** général de l'armée d'Allemagne pour ** les Alliés, évita le combat, et s'applaudit de la ** retraite avantageuse qu'il avait faite. "
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en courant (') ; d'autres lettrés vont jusqu a lui attribuer plusieurs conquêtes par jour :
" Des desseins, que jamais on n'aurait pressentis, " Ont fait naître, en un jour y deux conquêtes nouvelles, " Sous qui le Pô, le Rhin, jusqu'au sein de Thétis, ** Tremblants et désormais fidèles, " Roulent leurs flots assujettis (*). "
Bussy-Rabutin se livrait à ce calcul ingénieux :
" Il (Le Roi) prit en un jour la Lorraine ; " La Bourgogne en une semaine ; " La Hollande en un mois^ malgré le Castillan ; " Que ne prendra-t-il en un an ? "
Corneille célébra en vers latins et en vers français la grandeur et la rapidité des triomphes du Roi en Hollande ; citons une des strophes françaises :
" Tes victoires, grand Roi, si pleines et si promptes, " N'ont rien qui me surprenne en leur rapide cours, ** Ni tout ce vaste effroi des peuples que tu domptes, " Qui t'ouvre plus de murs que tu n'y perds de jours (3). "
Le même Corneille chanta aussi la course victorieuse de l'armée royale à travers la Franche-Comté :
" Quelle rapidité de conquête en conquête,
" En dépit des hivers, guide tes étendards!
" Et quel dieu dans tes yeux tient cette foudre prête,
" Qui fait tomber les murs d'un seul de tes regards !
" A peine tu parais, qu'une Province entière
" Rend hommage à tes lis et justice à tes droits ;
" Et ta course en sept jours achève une carrière,
" Que l'on verrait coûter un siècle à d'autres Rois (*). "
I. Fléchier, parlant de la guerre de 1672, use d'une hyperbole plus forte, et qui sent trop son bel esprit : " Notre héros... exposa son sang " dans une guerre,... où la Victoire avait peine à suivre la rapidité du
" vainqueur. "
2. Fontenelle ;Trad. de VOt/e du P. Commire : Régi pro recuperaia valetudim,