Triomphe de Pradon^ 1684; v. p. I, II et III
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" Dans Florence jadis vivait un médecin,
Boileau transporte la scène de Paris à Florence, comme il avait transporté le théâtre de son Lutrin^ d'abord à Bourges en Berri, ensuite à Pourges aux environs de Montlhéry ('). Mais personne ne pouvait se tromper sur la résidence, ni sur la personne du médecin transformé en architecte. Boileau se ménageait une excuse facile (et en quelque sorte légale) par un déguisement des noms de lieu, comme il le faisait par des changements d'orthographe dans les noms de ses victimes. Il était aisé d'écrire KainaiU, Patelin, Kautin. Mais ni Quinault, ni Chapelain^ ni Cotin,niquique ce fût, ne prenait le change. Lorsque Claude Perrault, dont Boileau conte ici l'histoire, se plaignit de cette Satire, Boileau répliqua (*) gaiement que Perrault avait tort de se plaindre : *' Il n'avait pas, dit Boileau, sujet '' de s'offenser, puisque je parle d'un médecin de " Florence *'.
On lira tout à l'heure, après le récit poétique, les réclamations motivées des frères Perrault, les cruelles explications de Boileau, puis la réconciliation finale de Charles " Perrault l'anti-pindarique " avec ** l'homéri- " que Despréaux ".
** Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin.
Plus d'une fois déjà le satirique avait intenté procès à la médecine. Il venait de faire, en 1671, son Arrêt
1. B. Saint-Prix affirme, avec preuves à l'appui, qu'il n'y eut jamais de " Pourges " / et que la première lettre de ce nom fut d'abord un B, changé en P, par le grattage. (V. Notes du Lutrin.) Brossette dit que cette opération se fit " après l'impression,... avec la pointe du canif".