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En aucun siècle, on ne se moqua davantage, ni même autant, de ces assassins très honorables. Furetière définissait le médecin : ** Un homme que Ton paie, ** pour conter des fariboles dans la chambre d'un ma- ** lade, jusqu'à ce que la nature Tait guéri, ou que les *' remèdes Taient tué ('). "
Boileau avait été éclaboussé dans les rues (il le dit) par le cheval du médecin Guénaut; il avait fait la rencontre funeste de Guénaut, de Rainssant, de Brayer, plus tristes que la fièvre. Cyrano les rencontra aussi, eux ou leurs confrères, et là-dessus, il écrivit: ** En ** vérité je pense que de songer seulement, quand on ** dort, qu'on rencontre un médecin, est capable de ** donner la fièvre. A voir leurs animaux étiques, affublés ** d'un long drap mortuaire, soutenir immobilement ** leur immobile maître, ne semble-t-il pas d'une bière, ** où la Parque s'est mise à califourchon? Et ne peut-on ** pas prendre leur houssine pour le guidon de la Mort ** puisqu'elle sert à conduire son lieutenant {')? "
Le vieux Ménage qui mourut '' à force de vivre ", se gausse des donneurs de remèdes : ** Je devrais être ** immortel; car les Charlatans et les Médecins n'ont ** pu venir à bout de me faire mourir. J'ai eu jusqu'à '* treize Médecins de la Faculté tout à la fois ! " Il a retenu le bon mot de Benserade, à l'époque où l'on faisait des prières pour la santé du roi: ** M. de Bense- ** rade, dans un éloge du roi qu'il récitait à l'Académie, ** dit : Le marchand quitte son négoce pour aller aux ** pieds des Autels ; l'artisan quitte son ouvrage ; le *' médecin quitte son malade, et le malade n'en est
** que mieux {^). "
1. Furetir.^ 1696, p. 211. — Taschereau attribue cette plaisanterie à Molière. On ne prête qu'aux riches.