I. Prat, du Th., t. I, L. m, p
l'art poéric^uE. — III.
essentiellement et comme par nature une satire politique du gouvernement et du peuple athénien (').
Ces vers et les vingt-deux suivants plurent au compilateur Baillet. Après avoir tracé à grands traits Thistoire de la Comédie, vieille, moyenne et nouvelle, il dit : ** Cest ce qu'on trouve plus agréablement expliqué ** dans r^r/ Poétique de M. Despréaux, et que nous '• rapporterons ici, pour la satisfaction de ceux qui *' aiment qu'on les instruise en vers ("). " Et il les rapporte.
'* L.à, le Grec, ne moqueur, par xniUe jeux plaisants, *' DisUUa le venin de ses traits médisants.
Le Grec est *' né moqueur'' comme le Français est ** né malin " (ch. ii), comme le rondeau est ** né Gau- *' lois ". (Ch. II.)
Ce Grec s'appela Cratinos, Eupolis, et surtout
Aristophane.
" Aux accès insolents d'une bouffonne joie, " La sagesse, l'esprit, l'honneur furent en proie. *' On vit, par le public un poète avoué '* S'enrichir aux dépens du mérite joué;
** S enrichir? " — ** On ne voit pas qu'Aristophane ** ait touché des droits d'auteur (3)." Boileau transport^ en Grèce les usages des théâtres modernes, devenus, comme disait Corneille : ** un fief, dont les rentes sont ** bonnes ". Les vainqueurs du théâtre athénien déboursaient plus qu'ils ne gagnaient. On leur octroyait, comme prix, un trépied; ce qui ne constitue pas une fortune et ce qui semble bien maigre en face des revenus des artistes pourvoyeurs de nos scènes parisiennes.
I. Cf. A. Pierron, Hht. de la IJtt. grecque; Coméd. athénienne, 2,/u^.des Sav.ft, llî,p. 42^.