Lettres de Rac. — Edit, des Grands Écriv.^ t. VII
• yign.i\farvs. 4^édit., t. I, p. 395.
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de ce *' pauvre Boyer " ? Sans doute, les vers de Boyer étaient un peu ridicules; mais que de larmes ils firent verser, sans compter celles du ** bon financier "! Peut-être Racine, en riant de Boyer, se vengeait-il d'avoir un jour applaudi une pièce de ce rival ; car le ** tendre Racine "se laissa un jour prendre à un stratagème du tendre Boyer.
** L'abbé Boyer, pour éprouver si la chute de ses ** pièces ne devait pas être imputée à la mauvaise ** humeur du parterre, fit afficher la Tragédie de y«âf//// ** sous le nom de Pader d' Assezan, jeune Gascon nou- ** vellement arrivé à Paris. La pièce fijt généralement ** applaudie. Racine même, qui n'estimait pas Boyer, ** se déclara en sa faveur. — En voilà donc un qui ** réussit en dépit de M, Racine! s'écria du fond du ** parterre le véritable auteur (').
Le même stratagème est consigné dans X Histoire de r Académie, Mais au lieu de ftidith, d'Olivet nomme Agamemnon, et il ne dit point que Racine ait applaudi (*).
Boileau, qui appelle ici lioy^r froid écrivain, l'appelle en ses Épigrammes, '' le fade Boyer ". Boursault dans sa Comédie contre Boileau, s'égaya aussi aux dépens du pauvre poète d'Albi.
Le Manjuis,
" Je le connais, la peste ! il est bien agréable ; " C'est Boyer.
Emilie,
Bon. Boyer, vous le connaissez peu.
" Boyer, quand il compose, est toujours tout en feu ; ** Dans ses moindres discours on voit ce feu qui brille, " Et dans les vers qu'il fait le salpêtre pétille.
I. Sab. de Castr., Les Trois Sit^cUs de Lift. 2.V. Hist.de VAciid.fr.^ éd. Livet, t. II, p. 325.
** Quand d'un crime parfois il exprime Thorreur,
** La fureur poétique est sa moindre fureur.
** S41 faut peindre Bellone au milieu du carnage,
** Son Pégase bondit et sa Muse fait rage ;
" Il sait camper, résoudre, assaillir, effrayer,
** Et dans ses vers pompeux étaler tout Boyer.
** Mais s'il faut de vers doux embellir quelques scènes,
'* On le saigne d'abord de trois ou quatre veines,
** Pour faire évaporer par ces canaux ouverts
" La grandeur du génie et la force des vers ('). "
Racine met cinq cent mille vers à la charge de Boyer. Boileau ne lui en adjuge que quatre-vingt mille ; mais il estimait que cette montagne de phrases rimées ne valait pas un des vers que lui, Boileau, avait composés sur les bancs du collège. En effet, au cours d'une de ces confidences dont il honora Brossette, le vieux Despréaux narra comme quoi, étant encore en seconde, il avait essayé une Tragédie. De cette tragédie il avait retenu un vers, sans doute le meilleur, et Brossette en prit note. ** M. Despréaux, dit-il, m'a cité ce seul vers, ** qui est fort bien tourné ; et il m'a dit que M. Boyer, ** qui avait fait quatre-vingt mille vers, n'en avait pas ** fait un qui valût celui-là (*). "
Furetière dit aussi son mot du pauvre Boyer :
" Quand les pièces représentées ** De Boyer sont peu fréquentées, ** Chagrin qu'il est d'y voir peu d'assistants, " Voici comme il tourne la chose :
" Vendredi, la pluie en est cause, ** Et dimanche, c'est le beau temps. "
Qu'il y a loin de toutes ces médisances aux beaux jugements portés par Chapelain et consorts sur l'auteur àç, Judith, L'auteur de la Puce/le écrivait, en 1662 : ** Boyer est un poète de théâtre, qui ne cède qu'au