I. La Muse Hist.^ 2 fév. 1669. — 2. Hrossetie
3. On peut voir, dans l'cdition de M.Ciidcl, une réponse de Pinchêne, qui contredit un peu l'aftlrmalion de 15rossette.
œuvfes de Pînchêne servent de projectile d'un nouveau genre :
" D*un Pinchène in-quarto Dodillon étourdi " A longtemps le teint pâle et le cœur affadi. "
Ces derniers mots, d'après Brossette, ** dénotent ** rinsipidité des vers de Pinchène: qui affadissent le ** cœur. " Baillet relève cette plaisanterie de Despréaux et dit de Pinchène : ** II paraît, par ce qii'A ( Despréaux) ** en rapporte, 5^«^ la fureur poétique, ^///donne souvent ** la fièvre chaude aux autres poètes, avait dégénéré ** en fièvre lente dans la veine de notre Auteur, et (jue ** ses vers en communiquent les effets,^/// sont la pâleur " et le dégoût dans l'esprit de ceux qui les lisent ('). "
Boileau affligé d'environ douze lustres et d'une perruque, s'écriait encore : O vieillesse ennemie ! regrettait ses beaux jours, et se plaignait d'être
'* A PinchènCy à Liniëre, à Perrin comparé (^). "
II n'y eut pas que le satirique à sentir l'ennui répandu dans les œuvres de Pinchène. Le Carpenteriana rapporte un bon mot de Santeuil, appelant Pinchène ennuyeux en face de Pinchène lui-même. Celui-ci lisait devant Santeuil le privilège royal qu'il venait d'obtenir pour un Recueil de poésies. Le privilège était accordé à Cramoisy. Lorsque Pinchène fut arrivé à la clause : Et faisants très expresses défenses à tous imprimeurs,^\.z,,y Santeuil l'interrompit, et lui déclara net qu'il était bien inutile d'interdireaux autres imprimeurs la reproduction ou le débit d'un tel ouvrage. — ** Point tant que vous ** le croyez, répondit froidement Pinchène ; je fais les ** frais de l'édition. — Bon pour cela, répliqua Santeuil; ** mais il faut aussi faire afficher que vous donnerez ** de l'argent à ceux qui voudront lire votre livre (3). '*
\.Ju^,des Sav. — M. de Pinchesne. — 2. /:/*. X. — 3. Cité dans les HisLdeT,desR,yX. III.
82 L'ART POÉTIQUK.
" On ne lit guère plus Rampale et Ménardière,
1° Rampale,
Brossette écrivait, le 21 octobre 1702, après un entretien avec " notre auteur " : Rampalle. Il a fait " des Idylles, qui sont médiocrement belles. Ce poète *' croyait être le premier qui eût employé le nom *' ai Idylle en notre lang^ue ; mais quelques vieux auteurs ** français fort oubliés s'étaient servis du mot Idylle ou *' à'Idyllie.,. Quoique les vers de Rampalle ne soient " pas moins oubliés aujourd'hui que le nom de ces *' vieux auteurs, nous en voyons néanmoins l'éloge " dans une lettre de Balzac, adressée à Rampalle, '' L. XII, L. i7('). "
L'éloge du bucolique Rampale se lit aussi chez Colletet : ** Il est arrivé que de notre temps M. de *' Rampale, qui à mon gré savait aussi bien le beau ** tour des vers que pas un autre à ma connaissance, '* a renouvelé la gloire de l'Idylle ('). " Au même endroit, Colletet proclame poète bucolique Jules de la Mesnardière, dont nous allons nous occuper. Voici un spécimen de la manière de M. de Rampale. Je le cueille parmi les Miscellanea de Ménage (').
" Uaurore en ses plus beaux habits " Ouvrait d'une clef de rubis " Le portail d'où le jour commence sa carrière, etc. "
Quelle fraîcheur !
20 La Mesnardière.
** La Mesfiai'dûre. Il était lecteur de la chambre ** du Roi. Il a fait une Poétique, qui toute médiocre *' qu'elle était, ne laissa pas d'être lue, parce qu'on la ** regarda comme une chose nouvelle, et que effecti-
I. Corresp., etc., Ed. Laverdet, app., p. 531. — 2. Disc, tfu po}me bttcoL, 1657, p. yj. — 3. ll« P., p. 121.
** vement il y proposait d'assez bonnes règles,qu il avait ** tirées d'Aristote, d'Horace et de Scaliger. Ce poète ** avait fait une Tragédie intitulée Alinde, qu'il cite " souvent dans sa Poétique, mais cette pièce fut trouvée si froide, qu'on n'en put jamais souffrir une seconde représentation ('). "
Jules Pilet de La Mesnardière était disciple d'Esculape, comme Claude Perrault. Avant d'écrire sur l'art des vers, il avait composé un Traité de la Mélancolie, à propos des possédées de Loudun, ses compatriotes. II devînt médecin de Gaston d'Orléans, maître d'hôtel du roi, et académicien par dessus le marché.
Chapelain le jugea bien sévèrement dans son Mémoire à Colbert : ** La Mesnardière. Il écrit avec assez *' de facilité et assez de pureté en vers et en prose ; *' moins faible en français qu'en latin. Son style est ** mol et étendu; et, dans ses longues expressions, se ** délaye et se perd ce qu'il y pourrait avoir de rai- ** sonnable. Quand il se veut élever, il dégénère en " obscurité et ne fait paraître que de beaux mots qui ** ne font que sonner et ne signifient rien....
** Enfin ce n'est pas un homme dont on puisse rien " faire, ni sur qui on puisse appuyer aucun dessein où " il faille jouir de tant soit peu de cervelle (^). ' D'après mainte page de notre commentaire, on a pu juger, en dépit de Chapelain, que La Mesnardière avait fait preuve d'un ** peu de cervelle " dans sa Poétique, sinon dans ses poésies. Le bonhomme Loret était plus galant que Despréaux et que Chapelain, à l'égard du médecin lettré :
*' Le savant de La Mesnardière, " Qui sait de la belle manière " Parler et coucher par écrit
" Autant que pas un bel esprit...
" Le savant de La Mesnardière
** Depuis cinq jours est dans la bière ;
" Son esprit docte et relevé
** Du trépas ne Ta point sauvé ('). "
** Que Magnon, du Souhait, Gorbin et La Morlière.
Nous trouvons parmi les notes de Brossette, notes en grande partie dictées par Boileau (^) :
** M. Despréaux nomme ces quatre poètes, comme '* des modèles d'une froide et mauvaise poésie.
** 1° Magnon, Il avait fait un poème intitulé: XEn- *' cyclopédie, qui devait être de trois cent mille vers. ** Et en y travaillant, il disait à ses amis qui lui deman- ** daient quand son poème serait achevé : Cela sera ** bientôt fait : je n'ai plus que cent mille vers à faire. ** Et il le disait fort sérieusement. De tous les ouvrages ** de Magnon, je n'ai pu voir qu'une Tragédie, intitu- ** lée : fosaphat, imprimée chez Toussaint Quinet en *' 1646. A juger du mérite de l'auteur par cette pièce, ** il est tout à fait digne du rang que M. Despréaux *' lui donne ici parmi les plus mauvais poètes.
Brossette écrivait ceci, le samedi 21 octobre 1702. En éditant les œuvres du maître, il ajouta quelques autres détails sur le poète encyclopédique : '* Magnon ** était né dans la province de Bresse, et fut quelque ** temps avocat au Présidial de Lyon ; ensuite il s'éta- ** blit à Paris. Il composa dans ces deux villes quelques ** pièces de théâtre \ Josaphat, Séjanus, Oroondate, *' fort impertinentes; puis renonçant à des ouvrages si *' bornés, il entreprit un poème intitulé : \ Encyclopé- "'die,,. Scarron a, dit-on, dépeint admirablement ce