Corresp.^ etc., éd. Laverdet, app., p
Magnon sans le nommer, en certaine épître chagrine,
où il le fait parler de ses ouvrages, et entre autres ** des ConcileSy qu'il avait dessein démettre envers.
Quel courage! plusieurs in-folios rimes! Magnon ne regardait pas à la peine ou plutôt ce lui était un jeu. — ** Dans la Préface de Jeanne de Naples, Tragédie * de sa façon, imprimée en 1656, Magnon dit que ces ** pièces lui coûtent presque moins de peine à les faire, ** que l'on nen prendra à les lire. Et pour te le faire '* voir, dit-il au lecteur, y*^ veux bien t' avertir, dans un ** temps où l'on croit être épuisé dans la façon dun ** Sonnet, que je projette un travail de deux cent jnille ** vers, et d'autant de prose à proportiofi,,. Mon entre- ** prise est de te produire en dix volu7nes, chacun de ** vingt mille vers, une science universelle, mais si bien ** conçue et si bien expliquée, que les bibliothèques ne te *• serviront plus que dun ornement inutile (').
Rien que cela! O modestie des poètes !... Magnon se présente à nous avec une autre recommandation, que ses poèmes in-folio. Il fut Tami du grand Corneille ("). Le 25 avril 1662, Corneille écrivait à l'abbé de Pure (son ami aussi) : '* J'appris hier que le pauvre ** Magnon est mort de ses blessures. Je le plains, et ** suis, de tout mon cœur, etc..
Corneille. "
Magnon avait été attaqué par des voleurs sur le Pont- Neuf (3).
1. Cité par Fontenelle, Hist. du ïh. franc., p. 78. — V. aussi les FF. Parfait, t. VL
2. Chapelain traitait Magnon de " fou ". — V. Lettres, 22 juillet 1662, éiJ. Tainizey de Larroque, t. II, p. 245.