La déf, etc., p
il était licite au poète de dire le Ciel. Horace Ty eût autorisé : Cœlo Musa beat,
Waisemblablement le passage de Despréaux inspira au Poêle sans fard un^ùr^iâi^ toute pareille ; on y retrouve, par lambeaux, les Amphion, les Orphée, et les vers de XArt Poétique :
" Orphée en ses beaux vers leur (') prêchant la douceur,
" Commença le premier, à calmer leur fureur ;
*' Les hommes enchantés de sa douce harmonie,
" Accourant j>our l'entendre, oubliaient leur manie.
" Amphion, après lui, les trouvant moins cruels,
" Leur fit voir comme Dieu méritait des autels ;
" Pour la société donna des lois utiles,
" Et leur enseigna Tart de construire des villes.
** De là vient qu'on a cru qu'au doux son de sa voix
" Amphion attirait les rochers et les bois,
" Comme Orphée avait su par son divin langage,
" Réprimer la fureur des tigres pleins de rage;
" Voilà quel fut alors \t^ fruit des premiers vers,
" Et le bien signalé qu'en reçut l'univers.
" Après avoir par eux fait de si grands miracles,
" Le Ciel voulut en vers prononcer ses oracles {^), "
Le dernier alexandrin est presque mot pour mot celui de ** notre auteur ". Mais le Poète sans fard n'a pas plus rafraîchi ces vieilleries, que ses collaborateurs et modèles, y compris Despréaux.
'* Du sein d'un prêtre ëmu d'une divine horreur,
Ici Desmarets fait une critique plus heureuse : " Il y ** a du, dun et d'une. Oh ! quel poète {f) ! "
'* Apollon par des vers exhala sa fureur.
" Bientôt ressuscitant les héros des vieux âges,
^* Homère aux grands exploits anima les courages.
I. Aux mortels. — ^. Gacon, Ép, XV, p. 132. — 3. La déf, etc., p. 105.
ÔHANT IV. 181
" Les courages ", dans la langue du xvii^ siècle, signifient les cœurs. Bossuet parle des ** courages
" émus"(').
** Hésiode, à son tour, par d'utiles leçons,
" Des champs trop paresseux vint hâter les moissons.
Boileau abandonne Horace ; Horace n'a point fait mention d'Hésiode, mais de Tyrtée. Que veulent dire les mots à son tour ? Boileau admet-il par là, contre Tautorité d'Hérodote, que Tauteur des Travaux et des jours fut postérieur au chantre d'Achille ? Ses deux vers feraient aussi supposer qu Hésiode a écrit un poème didactique comme les Géorgiques. Cest attribuer aux ^'Epya xal 'Hjjiépa'. une prétention que n a point cet almanach rythmé du poète béotien.
" En mille écrits fameux la sagesse tracée
'* Fut, à l'aide des vers, aux mortels annoncée ;
" Kt partout des esprits ses préceptes vainqueurs,
'* Introduits par l'oreille, entrèrent dans les cœurs.
'* Pourtant d*heureux bienfaits les Muses révérées
" Furent d*un juste encens dans la Grèce honorées:
" Et leur art, attirant le culte des mortels,
'* A sa gloire en cent lieux vit dresser des autels.
Sous cette amplification pénible et inutile il suffirait de transcrire les deux vers du chant m :
** Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles ** Sont d'un déclamateur amoureux de paroles (-). "
Cette peinture d'un âge d'or de la poésie est la doublure d'un autre tableau ** des temps bienheureux du ** monde en son enfance ", encadré par Boileau dans la Satire v^. Même procédé, même luxe d'histoire en l'air. Pareille remarque s'applique au conte de