‹ L'art poétique de Boileau (volume 2)Chapitre 97 sur 153 · I. V. Goujet,t. XVI, p · texte numérisé non relu

I. V. Goujet,t. XVI, p

par son époux. Gilles Boileau, frère a!né de Nicolas, conduisait chez Claudine ** les beaux esprits de sa ** connaissance. '* Mais après la mort de Guillaume, cette pauvre femme fut réduite à Tindigence, et **elle ** avait recours à la charité de ses amis. " Un jour qu'elle n'avait rien obtenu de Gilles Boileau, elle s'adressa au jeune Nicolas. ** Quoique M. Despréaux ** fût écolier, il avait de l'argent, et lui donna généreu- ** sèment un écu ('). '*

Un ennemi de Despréaux voulut faire peser sur le Satirique la même accusation de mendicité. Cotin (car c'est lui !) se servit de deux hémistiches rimes contre Colletet par Boileau, pour changer ce dernier en gueux et en parasite. Cotin le montre attendant la réussite, non plus d'un Sonnet, mais d'une farce vulgaire, jouée de compagnie par Boileau et par Molière transformé en Turlupin :

" Despréaux, sans argent, crotte jusqu^ à f échine,

" S'en va chercher son pain de cuisine en cuisine.

" Son Turlupin Tassisle, et jouant de son nez,

" Chez le sot campagnard gagne de bons dînes.

" Despréaux à ce jeu répond par sa grimace,

" Et fait en bateleur cent tours de passe-passe...

" Ils ne se quittent point. O ciel, quelle amitié !

" Et que leur mauvais sort est digne de pitié !

" Ce couple si divin par les tables mendie ;

" Et pour vivre, aux Coteaux donne la Comédie ('-'). "

Boileau ne fut jamais, que je sache, réduit à cette triste ressource. Cotin aura dessiné d'après son imagination ce tableau des deux poètes devenus amuseurs des ** comtes danois " et des ** barons allemands ", au cabaret de la Croix-de-Fer.

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