V. Dussault, Annales Littér,,\%\'j, 26 avril
CHANT lï.
Nous n'entreprendrons point le commentaire de M. Chaussard. Le nom de Fauteur, et le titre de la Poétique secondaire, seront très probablement une double révélation pour quelques-uns de nos lecteur§.L*-^r//^^tique de Boileau tout incomplet qu'il est, s'en ira chez nos neveux, sans cet appendice, ou codicille, fabriqué à l'heure du réveil romantique. Boileau n'aurait pu traiter plusieurs genres indiqués par M. Chaussard, vu qu'ils n'étaient pas même soupçonnés au xvii® siècle. Et si Boileau avait seulement ouï parler de certain genre lyrique intitulé Romance, ce genre plein de larmes l'eût grandement égayé.
Les lettrés se bornent pour l'ordinaire à regretter une ou deux omissions parmi les genres inférieurs traités par Boileau.
Boileau n'a point fait mention de VÉpître, dont cependant il savait les règles et le mérite. Il s'y exerçait depuis quelque temps,et ce fut à la suite de son Épître première, que le Roi lui donna une pension fort appréciée,de deux mille livres. Personne assurément ne partage l'opinion de Carel de Sainte Garde sur cette catégorie des œuvres de Boileau: ** Les Lettres (Épîtres) de " Boileau sont misérables en toutes sortes de manières, ** et c'est par là qu'on reconnaît qu'elles sont vérita- '' blement de lui ('). "
Mais Boileau n'avait pas encore écrit sa belle Épître à Racine ; et ce genre n'avait encore guère en France d'autre patron que Marot. Boileau avait parlé de cet élégant badinage. Cela lui a suffi.
Boileau n'a point tracé davantage les lois des poèmes didactiques, pareils à celui qu'il écrit. Vauquelin n'aurait eu garde d'omettre ce genre dont il essaya de doter notre littérature et qu'il définit en disant au poète :