Prat, du Th,^ t. l, p. 99. — 4. Ib.^ p
LAIIT POtTIQU». — II.
** un même lieu. Il changeait de région et passait les ** mers sans scrupule ; et Ton demeurait souvent sur- ** pris, de voir qu'un personnage qui venait de parler *' dans Naples, se transportât àCracovie, pendant que *' les autres acteurs avaient récité quelques vers, ou ** que les violons avaient joué quelque chose.
** Ce défaut de Hardy ne mourut pas avec lui, non " plus que la réputation de ses ouvrages. Ceux qui lui ** succédèrent conservèrent longtemps cette, scène ** ambulatoire. Leurs lyres, aussi bien que celles d'Or- ** phée et d*Amphion, eurent le privilège de bâtir des ** villes et de faire suivre des rochers et des forêts ; et •* leur théâtre fut comme ces cartes de géographie qui, ** dans leur petitesse, représentent néanmoins toute rétendue de la terre.
** Maintenant, quoique cette licence ne soit plus supportable, et que cette hérésie n'ait plus de fauteur, il en est pourtant encore demeuré quelques restes ; et nos poètes n'ont pas été assez diligents à s'en prendre garde exactement. Leur scène est bien ** en une seule ville, mais non pas en un seul lieu. On '* ne sait si les acteurs parlent dans les maisons ou •* dans les rues ('). "
On devine que Sarrasin entend l'unité de lieu dans toute sa rigueur, telle que les Poétiques aristotéliciennes venaient de la décréter. Sur quoi se fondaient-elles ? Ménage, l'ami de Sarrasin, soutient que l'unité de lieu ne peut se réclamer absolument de l'exemple des Anciens ; car, en *' beaucoup de poèmes dramatiques *' chez les Anciens, l'unité du lieu n'est point gardée ('). ** — Dans les 6^r^«^«^7&^ d'Aristophane, la scène, qui ** était au commencement devant la porte du logis " d'Hercule, est après au port duStyx et sur ce fleuve.
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