Prat. du Th,^ t. I, L. III, p. 159.— 5. L. II
CHANT m.
" Sophocle enfin donnant Tessor à son génie,
*' Quelle césure ! et quel vers (') ! "
" Accrut encor la pompe, augmenta l'harmonie, " Intéressa le chœur dans toute l'action, " Des vers trop raboteux i)ollt l'expression, '* Lui donna cheïles grecs cette hauteur divine " OCi jamais n'atteignit la faiblesse latine.
** Sophocle, qui naquit dix ou douze ans après la mort ** d'Eschyle, augmenta le nombre des acteurs jusqu'à " trois, comme on le peut voir en toutes ses pièces, et " fit peindre la scène, y apportant toutes les décorations ** suivant le sujet, de sorte qu en moins de quatrc- " vingts ans, la Tragédie acquit toute l'excellence et " toute la gloire dont elle est capable (^). "
Dans la dernière édition de ses œuvres, Boileau avait mis en note aux deux derniers vers de ce passage, l'indication suivante : ** Voyez Quintilien, Liv. x, ch. I. " — Il y a là une erreur. Quintilien n'avoue point la faiblesse des tragiques latins. Saint- Marc relève la méprise de Boileau, cite le passage de l'Institution oratoire et conclut : ** C'est donc mal à propos que " M. Despréaux fonde sur l'autorité de Quintilien le " jugement qu'il a porté des tragiques latins. Pour le " justifier en quelque sorte, il faut remarquer que la ** petite note dont il s'agît ici ne se trouve que dans "l'édition de 1713. L'auteur ne l'avait écrite que " Tannée qui précéda sa mort, lorsqu'il disposa la der- " nière édition, qu'il voulait donner lui-même de ses " ouvrages. Alors l'âge et les infirmités devaient avoir '* affaibli sa mémoire, et nous en avons ici la preuve. " Il se souvenait confusément d'avoir lu, dans le ch. i