I. Lettre du 15 janvier
** choses dans Tâme de laudîteur, tout est sec, langfuîs- ** sant et ennuyeux ('). "
" On peut être à la fois et pompeux et plaisant,
** C'est, dit Desmarets, ce qu'il (Boileau) a prétendu ** accorder dans son Lutrin^ qu il a intitulé pointe hé- ** roïqûe ('). "
Desmarets s est mépris sur le sens du vaoX. plaisant, qui signifie, en cet endroit, non pas : qui plaisante, mais qui plaît, c'est-à-dire : agréable. Du reste n'y a-t-il pas pour Desmarets une excuse dans la multiplicité des significations attribuées à ce mot par l'auteur de \Art Poétique? Tantôt Boileau en fait le synonyme de bouffon : c'est surtout quand il lapplique à des individus :
" Ijts plaisants du Pont Neuf. (I, 97.)
" lïiSiçHdts plaisants, bouffons infortunés. (II, 131.)
" Conduisent... \e plaisant k la grève. (II, 190.)
Tantôt il entend par-là: comique, divertissant, joyeux :
" Le grec, né moqueur, par mille }eux plaisants. (III, 337.)
Ailleurs, plaisant veut dire ridicule :
" Oh ! \e plaisant projet d'un poète ignorant ! (III, 241.)
Mais, quand il l'applique au style, Boileau donne à cet adjectif le sens ai agréable :
" Quelque sujet qu'on traite, ou plaisant, ou sublime. (I, 97.) *' Passer du grave au doux, àxiplaisant au sévère. (I, 76.) ** Partout joigne diM plaisant le solide et l'utile. " (IV, 88.)
Il est aisé de voir par ce tableau, que le moiplaisant est un de ceux que Boileau prodigue à satiété. Je m'étonne que les éplucheurs, Pradon et Desmarets, n'aient pas signalé cette battologie.