‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 73 sur 236 · I. Sat I, V. Ii · texte numérisé non relu

I. Sat I, V. Ii

" leur nom; il a si peur qu'on ne les méconnaisse, qu il ** a soin de rapporter jusqu'à leur surnom, jusqu'au " métier qu'ils faisaient,jusqu'aux charges qu'ils avaient *' exercées. Voyez, par exemple, comme il parle d^Au- '' fidius Luscus, Préteur de Fondi :

" Fandos, Aufidio Lusco prœtore, libenter '^ Linquimus, insani ridcntes prsemia scribae, " Praetextam, et latum clavum, etc. (*).

*' Nous abandonnâmes, dit-il, avec joie le bourg de '* Fondi, dont était Préteur un certain Aufidius Luscus; ** mais ce ne fut pas sans avoir bien ri de la folie de " ce Préteur, auparavant commis, qui faisait le Sénateur '* et rhomme de qualité. Peut-on désigner un homme ** plus précisément, et les circonstances seules ne suffi- " saient-elles pas pour le faire reconnaître ? On me ** dira peut-être qu' Aufidius était mort alors ; mais " Horace parle là d'un voyage fait depuis peu. Et puis "comment mes censeurs .répondront-ils à cet autre ** passage :

" Turgidus Alpinus jugulât dum Memnona, dumque " Diffîngit Rheni luteum caput, haec ego ludo (') ?

** Pendant, dit Horace, que ce poète enflé d'Alpinus ** égorge Memnon dans son poème, et s'embourbe " dans la description du Rhin (^),- je me joue en ces ** Satires. Alpinus vivait donc du temps qu'Horace se ** jouait en ces Satires ; et si Alpinus en cet endroit " est un nom supposé, l'auteur du poème de Memnon " pouvait-il s'y méconnaître ?

** Horace, dira-t-on, vivait sous le règne du plus poli " de tous les empereurs: mais vivons-nous sous un

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