‹ L'Art poétique de BoileauChapitre 99 sur 236 · I. Ménag.^ Éd. de 1693, p. 472. — 2. Notes des Épigr · texte numérisé non relu

I. Ménag.^ Éd. de 1693, p. 472. — 2. Notes des Épigr

riers décernés et dessinés par Nanteuil.'* Notre poète, *' dit Brossette, avait dessein de finir ce Chant par ces " deux vers :

" Et dans F Académie^ orné d'un nouveau lustre^ " Il fournira bientôt un quarantième illustre (').

** Mais il les supprima, pour ne pas déplaire à Mes- ** sieurs de l'Académie française. "

Il fallait ménager les susceptibilités delà Compagnie. Boileau avait déjà tout droit d'attendre l'immortalité académique, dont on Thonora dix ans plus tard, non sans peine, kire dans un ouvrage si grave des immortels déjà fort malmenés par les Satires, c'était se fermer les portes de ce sanctuaire. Au demeurant, si Ton en croit Cizeron- Rival, Boileau n'était pas plus tendre envers les Quarante pris en masse, qu'envers les individus, Cotins, Chapelains, ou autres : ** Despréaux ** disait en riant que si Messieurs de l'Académie fran- ** çaise voulaient une devise qui leur convint, il n'y *' avait qu'à mettre une troupe de singes qui se miraient " dans une fontaine, avec ces mots autour : sibipul- *' chri (-). "

Despréaux savait changer de ton, suivant les occasions. Admis enfin ** dans cette illustre Compagnie", dans ** cette savante assemblée ", dans •* cette Académie ** qui tient depuis si longtemps en sa possession tous " les trésors, toutes les richesses de notre langue", Boileau se fit modeste, confus, quasi étonné de tant d'honneurs. Voici comment il apprécie, en sa harangue,

I. On pourrait croire que cette suppression est la cause d'une sorte de négligence de versification. Les dernières rimes du Chant II et les premières du Chant 1 1 1 sont masculines : NanteuiL.,^ Odieux... Mais il y a une négligence analogue, à la fin du Chant I et au commencement du Chant II.

Z. Récr. Litt.^ GLU, p. loi.

ses titres au fauteuil : ** En qualité même d'homme de " lettres, que puis-je vous offrir qui soit digne de la ** grâce dont vous m'honorez?Serait-ce un faible recueil " de poésies, qu'une témérité heureuse, et quelque ** adroite imitation des anciens ont fait valoir, plutôt *' que la beauté des pensées ni la richesse des expres- " sions ? Serait-ce une traduction si éloignée de ces ** grands chefs-d'œuvre que vous nous donnez tous les " jours, et où vous faîtes si glorieusement revivre les ** Thucydide, les Xénophon, les Tacite, et tous ces *' autres célèbres héros de la savante antiquité ?

** Non, Messieurs ; vous connaissez trop bien la •* juste valeur des choses, pour payer d'un si grand prix "des ouvrages aussi médiocres que les miens (')...

Comme Boileau devait rire tout bas, en débitant ces humbles et pompeux mensonges !

Le second Chant est nécessairement le plus varié. Le nombre et la diversité des sujets imposent au poète " la loi de passer

" Du grave au doux, du plaisant au sévère. "

C'est celui des quatre Chants où la critique trouve le moins à reprendre. Les ennemis eux-mêmes élèvent à peine çà et là quelques réclamations. Boileau ne se lance pas ici dans des considérations historiques de fantaisie; il n'y adopte point de systèmes trop discutables. Ce Chant ressemble à une prosodie de ce qu'on appelle petits genres et poésies fugitives. Plusieurs fois c'est une simple nomenclature ; le poète note une forme poétique, en effleure à peine les caractères, et passe. Selon son axiome, Boileau a su ** se borner ". Il n'a pas tout dit et s'est contenté d'un choix, négligeant

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