I. V. Fournel, Littér. iiidép. — Les Caba?-ets, p
rUnivcrsitc, clait *' cclcbre par ses soupes au citron et " au jaune d'œuf (') ".
Ce poète buveur, fumeur, gouailleur, que Hoileau condamne à une éternelle réputation d'ivrogne, mériterait bien, comme son ami Faret, une réhabilitation. Je ne veux citer que ces quatre ou cinq lignes, extraites de \ Histoire de l' Académie : " On sait d'ail- " leurs, que ses dernières années furent toutes consa- " crées à la pénitence et à la piété. Nous pouvons " juger de ses sentiments par ses stances sur \ Iinita- " tion de Jésus-Christ, qui sont les derniers et les meil- " leurs vers qu'il ait publiés (').
Saint-Amant racheta sa jeunesse, comme devait le faire, un jour, La F'ontaine. Malgré cela, il est resté, grâce à ses premiers vers, et grâce à Boileau, le type du rimeur-ivrogne. Dans la Guerre poétique , déclarée sur le Parnasse, en 1688, INI. de Callières plaisante et rajeunit cette triste renommée : " Saint- '* Amant, avec son poème de Moïse sauvé, sera employé '* à la garde et à la conduite de plusieurs chariots, ** chargés de bouteilles de vin de Champagne et de *' Bourgogne (^), qui lui ont toujours tenu lieu des '* eaux d'Hippocrène pour lui inspirer des vers; — et ** Chapelain conduira, avec sa Pucelle, plusieurs cha- " riots chargés de glace, que la froideur de son poème " sera fort propre à empêcher de fondre, et qui servira " aux besoins de l'armée, pour rafraîchir les bouteilles " de vin conduites par Saint-Amant (^).