Les rimes fatates^Y.d\\.. Livet, T. II, p
Ménage, dans sa Rcquctc pn^sentéc par les Diction- 7iaiirs à A/J/. de fAeadàjuiey dit :
" Et fut, non sans (lueWiue risée, " La remontrance autorisée, " Par Saint-Amant et par Farety " D'une chanson de cabaret. "
\'ion d'Alibray, dans ses Vers bachiques, se promet cette gloire:
" Je me rendrai du moins fameux :w\ cabaret:
" On parlera de moi comme on fait de Faret{^). "
Pour sa Comédie des Académistes, Saint- Evremond abuse quelque peu de ces consonances. 11 y fait crier par Saint- Amant:
" Allons-nous en trouver le compère Faret, " Et réformer les mots dedans le cabaret (-). "
Ht- " Allons, mon cher Faret,
" Trouver proche d'ici, quelque bon cabaret (3). "
Plus loin, il fait chanter cette strophe :
'^ Pensez-vous que le bon Farei " Pût tirer, au siècle où nous sommes, " Les portraits des Ho7i7ictes hommes, " Ailleurs que dans le cabaret {">) ? "
Dans la même pièce, le chancelier s'adresse aux académiciens Chapelain, Godeau, Boisrobert, etc., et dit:
— *' Je ne vois point ici ni Tristan ni Faret, " Non plus que Saint-Amant.
— Ils sont au cabaret (5), " répond Godeau.
Il convient dénoter que le Cabaret, au x\iic siècle.
I. V. Goujet, t. XVI, p. 191. — 2. Acte I. — 3. Ibid. - 4. Acte IV. — 5. Acte V.
n'ctait point tout à fait le bouge, ni le vulgaire débit de boissons, de notre temps. Saint-Amant et T^aret pouvaient même s'y rencontrer en fort bonne société. " Si l'on voulait passer en revue les auteurs plus ou " moins célèbres du xvii^ siècle, on trouverait qu'il " n'en est presque pas un qui n'ait largement payé " son tribut aux Cabarets...
" A leur tête nous placerons Saint-Amant ; c'est " un honneur qui lui revient de droit. Il allait un peu " partout et même plus volontiers, j'imagine, dans les " cabarets moins relevés, où il était mieux à l'aise, et " il y passait la nuit à boire et à fumer; car le tabac, " dit-il, est le seul encens de Bacchus. A côté de lui, " il faut nommer Faret, dont le nom semblait fait à " souhait pour rimer à cabaret (').
Parmi les cabarets que fréquentaient Saint-Amant et son compère, M. Fournel, — qui connaît le Paris de 1640, comme celui de 1888 — ■ nomme La Pomme de-Pin, '' situé dans la Cité, près du Pont Notre-Dame, " cabaret déjà célèbre aux temps de Rabelais et de Régnier ;puis, le /ï/<?^/^/2-/?/^;/^,placedu cimetière Saint- Jean; la Croix-de- Lorraine, " sise au même endroit ". C'est là que se réunissaient, au temps de leur jeunesse, Boileau, Racine, Molière, etc. Car Boileau lui-même alla au cabaret; il ne buvait pas que de l'eau du Permesse; peut-être même y charbonna-t-il les murs, de quelques vers. La Fosse-aux- Lions, tenue par la fameuse pâtissière Coiffier, recevait aussi des gens de lettres. Saint-Amant chante ce cabaret dans une de ses œuvres. Colletet rima l'un de ses meilleurs sonnets à la Croix-de-Fer, et Chapelle fait mention de la Croix- Blanche. \J E eu- d Argent, dans le quartier de